Chronique/Tribune citoyenne: quel assainissement en milieu rural ?

Le domaine de l’hygiène et de l’assainissement renvoi à toutes ces commodités qui misent en place, offre un cadre de vie sain aux individus et aux familles. A titre d’exemple, les latrines familiales, tout comme celles publiques ou la possession d’un système de gestion des déchets, concourent à offrir au citoyen un lieu décent et épanouissant. Si en milieu urbain le taux d’accès aux infrastructures d’assainissement est acceptable, le milieu rural brille par son faible taux. En 2015 par exemple le taux d’accès à l’assainissement en milieu rural était de 12% contre 48% en milieu urbain pour la même période. Plusieurs raisons peuvent expliquer cet état de fait.

On peut en effet, citer les mauvaises perceptions et la réticence aux changements de certaines habitudes. Il n’est pas rare d’entendre des ironies du genre « deux trous ne peuvent se regarder » ou « qu’un adulte doit faire ses besoins, loin des regards », tout cela dénotant la réticence ou une justification maladroite d’une attitude d’ignorance.

A cette raison liée à l’ignorance, il faut énumérer l’échec de ‘‘l’élite instruite’’ issue du milieu rural qui malgré le savoir et la connaissance de l’impact lié à un manque d’assainissement, n’agit pas. Cette élite ressemble fort à la légende de ‘‘mi kotonjawaama*’’. Sinon que dire d’un fils ou d’une fille issue du milieu rural, vivant en ville dans une villa cossue, roulant dans des bolides mais incapables de construire une seule latrine pour leur parent aux villages.

Comment comprendre que des gens nantis ne se rendent compte de la nécessité des latrines qu’à la veille d’un évènement dans leur village où ils ont des hôtes à héberger.  Certains pour la circonstance loue des toilettes mobiles qu’ils aménagent pour la durée de l’évènement et restent amnésiques jusqu’au prochain évènement.

                Il est bon que les regards et les attitudes changent pour qu’en ville comme en campagne, on prenne la question de l’assainissement comme une réponse aux maladies liées au manque d’hygiène. Qu’il soit (enfin) perçu comme un besoin primaire au même titre que se vêtir ou se nourrir, comme une nécessité.

                C’est vraiment paradoxal d’investir dans du superflu à des centaines de milles et de squatter les buissons du village lors des séjours. Cette prise de conscience n’est pas seulement une tâche de nos dirigeants, elle est aussi un appel à la conscience personnelle. Agissons donc pour accroitre le taux d’accès à l’hygiène et à l’assainissement.

 

ABB, 19 juillet 2018

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*Kotonjawaama, ku niini ŋangu, deenni bindi : métaphore gulmance sur l’élégance du coq le jour et son lieu de repos le soir généralement sale.

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