Défense et sécurité : Monsieur le Président, les chiffres sont funestes

« Amélioration des moyens de lutte contre le grand banditisme et le terrorisme qui constituent une menace réelle ». Ceci est l’un des engagements du Chef de l’Etat consigné dans son programme présidentiel et réaffirmé par son Premier ministre. A moins de deux ans de la fin de son mandat, le bilan est bien amer.

Depuis que le Président Roch Kaboré a accédé au pouvoir, une “pluie” de morts s’abat sur le moral du Burkina.  Des civils mais aussi des membres des forces armées militaires et paramilitaires.  Le terrorisme et les bandits de grand chemin frappent, endeuillant à tour de bras.

C’est ce qui a conduit un de ses opposants, Ablassé Ouédraogo, à déclarer que le premier magistrat de son pays est foncièrement poisseux.  Allant de malchance en malchance, les RIP (reposez en paix, en français) se collectionnent sous son mandat. Rien que pour ce mois d’août 2018, une dizaine de gendarmes, militaires, policiers et douaniers ont perdu la vie dans des attaques qui vont allègrement du Sahel au Sud-Ouest et à l’Est avec une régularité déconcertante et révoltante.

« Monsieur le Président, il y a trop de morts ! »

Il est vrai que des actions sont entreprises.  Des nids de terroristes, des lieutenants terroristes ont été défaits. Mais ces victoires commencent à prendre les traits d’une goutte d’eau dans l’océan de deuil qui enveloppe le Burkina.

De sorte qu’on a envie de dire au Chef de l’Etat, “Monsieur le Président, il y a trop de morts !“. Il y en a tellement qu’on n’a pas envie de les compter.  Tellement qu’on se demande si le Président du Faso sera à la hauteur de l’engagement qu’il a pris devant les Burkinabè et qui lui a valu son élection. Les conditions des forces de défense et de sécurité sont-elles améliorées ?  Si oui, pourquoi un douanier se retrouverait-il à défendre seul un poste ?  Pourquoi les gendarmes, les policiers et les militaires ne naviguent-ils pas dans des blindés qui ne se tordraient pas comme de vulgaires brindilles à la moindre bombe artisanale ?

 Pourquoi, si le commandement est efficace, des stratégies ne sont-elles pas mises en œuvre pour réagir efficacement contre les attaques qui se passent généralement de nuit ?  Pourquoi ? Pourquoi ?

Monsieur le Président, vos concitoyens se posent des questions et attendent des réponses.

Abdou ZOURE

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