A quand un pont pour Djikoffè ?

Le 6 août 2018, la pluie qui s’est abattue sur Djikoffè, localité située à la périphérie de la ville de Ouagadougou, a failli emporter des citoyens au niveau du pont qui relie ce quartier non loti à la capitale. Ravivant la clameur des habitants de ce patelin à l’endroit du gouvernement.

Le 6 août 2018, je reçois dans ma messagerie Whatsapp des photos de mon ami Abdoul Laziz Bansé, connu pour son goût pour la poésie. Mais ce jour-là, la poésie a fui de sa plume lorsqu’il m’a expliqué que c’était des images de son  quartier. Ou plus précisément, des ponts qui relient son quartier à Ouagadougou.

A la place du pont, moi j’y ai vu plutôt une « terrasse » d’eau que des hommes et femmes à pied tentent de traverser. Il m’informe que trois personnes ont été emportées par les eaux. Et elles n’ont eu la vie sauve que grâce à des jeunes du quartier, dont Abel Zanré que j’ai pu rencontrer.

Le 11 août 2018 en effet, je rejoins mon ami dans son quartier. Il fait venir Emmanuel Nana, président de l’Association Namanengzanga. Dans ce quartier, tout le monde semble l’appeler « Président ». Il nous conduit au premier pont de Djikoffè. « Il a été construit par un entrepreneur pour ses besoins », explique-t-il. C’est ce pont qui a été submergé le 6 août 2018. « C’est parce que le barrage de Yamtenga s’est rempli », ajoute mon ami Bansé. En effet, le barrage en question se trouve en amont, à l’ouest de Yamtenga.

Pont de fortune

« C’est un pont qui a été construit depuis trois ans », informe le président. Avant lui, un autre était utilisé par les habitants, qui l’ont construit. Il nous mène également à ce pont. Pour le décrire, je dirai que c’est en gros quatre murets qui ont été élevés avec des briques en ciment. Ensuite, une couche de béton ou ce qui y  ressemble recouvre l’ensemble. Mais il est déjà dégradé, troué et visiblement en piteux état. « Voilà pourquoi les habitants l’ont délaissé pour le pont de l’entrepreneur », commente le président de Namanengzanga.

Il affirme aussi qu’aucune autre infrastructure n’a été construite par l’Etat. Par ses relations, l’homme explique qu’il a trimbalé deux dalots pour essayer de renforcer le premier pont. « Mais ce ne sont que deux dalots et je n’ai pas les moyens », regrette-t-il.

Le mot « gouvernement » est sur les lèvres de tous ceux que j’ai rencontrés ce 11 août à Djikoffè. Selon monsieur Nana, le ministre des infrastructures Eric Bougouma est déjà venu échanger avec les habitants et des techniciens ont fait des constats. Mais depuis lors, ils attendent toujours. Emmanuel Nana a posé un regard d’espoir sur mon appareil téléphonique. Il espère que ce qui en sortira produira un effet magique pour Djikoffè, car, dit-il,  « nous souffrons ici ».

Abdou ZOURE

 

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