Est-ce que l’Ecole est sérieuse ?

Je viens de rentrer de la province de la Tapoa. J’y étais pour rendre visite à mes parents. Chaque année, la province de la Tapoa me fait le même effet : on ne ment pas dans la province de la Tapoa. C’est une province qui tient les comptes. Une province capable de donner, mais aussi de reprendre. C’est une province qui n’a peur de rien et peux te faire croire n’importe quoi. Parce que n’importe quoi est possible dans la province de la Tapoa. C’est une province généreuse avec les personnes qui essaient, qui font, qui y vont avec tout ce qu’ils ont. La vigilance consiste à savoir ce que tu as. Ce que tu mises est souvent ce que tu récoltes. Si tu ne mets pas de cœur quand tu mises, tu perds.

La province de la Tapoa est une province brute. Tu peux y voir la vérité d’une écologie saine qui a créé un empire sur un état d’esprit, qui a créé la culture du règne et qui en a fait une zone si puissante qu’aucune pensée envers la faune et la flore n’est exprimée sans être inconsciemment associée à la nature de la Tapoa. Mais malheureusement, la province de la Tapoa est riche de sa végétation mais pauvre de ses enfants.

Chaque année, plus de cinq cent (500) élèves de la Tapoa, qui pour une raison ou une autre quittent le domicile familial pour rejoindre leurs lycées ou collèges pour poursuivre  leurs études dans les chef-lieux de commune ou villes. Ils sont pour la plus part, des lycéens et lycéennes, des collégiens et collégiennes, qui quittent leurs familles pour venir à Botou, Kantchari, Diapaga, Partiaga, Nadiaboanli, Namounou, Tambaga, Yobri, Pentinga, Kogoli, Tansarga, Kotchari, Logobou, Mahadaga, Nagaré, etc. et bien d’autres villes à l’extérieur de la province pour les études secondaires de 1er cycle ou de 2nd cycle. En vue de préparer leur avenir, ils sont alors amenés à se recréer parfois une autre vie loin des parents et parfois du confort familial. Alors que certains d’entre eux sont confiés à des tuteurs par leurs parents, d’autres doivent prendre leur propre responsabilité pour s’héberger et se nourrir comme ils le peuvent. Toute chose qui n’est pas aisée, surtout pour ceux dont ce périple est leur première expérience. Car, vous êtes alors obligés de faire la cuisine tout seul, souvent pas dans des conditions commodes.

Ce phénomène pourrait expliquer un tant soit peu la faiblesse des résultats scolaires chez bien nombre d’entre eux. En frères aînés, nous ne pouvons qu’ils puissent accorder plus de temps pour leur réussite scolaire. Car, Quand on a abandonné papa et maman, et toute la famille à la poursuite d’un but, on doit se donner les moyens d’y parvenir. Ce n’est pas souvent facile, mais il faut s’armer de courage et aller de l’avant!

 Bonne année scolaire à toutes et à tous!

Van Marcel OUOBA

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