A quand la paix dans l’Est du Burkina ?

La région de l’Est n’est toujours pas sortie de l’auberge. Réputée à une date récente, région d’insécurité liée au grand banditisme où quotidiennement tous les axes routiers faisaient l’objet de braquage à mains armées. Il ne se passait aucun jour sans que les citoyens se soient victimes des actions barbares des coupeurs de route. Qui d’ailleurs au-delà des routes, opéraient même dans les domiciles. Il ne se passait aussi des semaines sans que ces braquages récurrents ne se soldent par des pertes en vies humaines. Cette situation de braquage tout azimut n’a pas été sans conséquence sur le développement de la région.

Elle en a donc souffert énormément sur les plans social, économique et culturel. Elle porte jusqu’à ce jour, les stigmates et les traces indélébiles de cette situation d’insécurité qui a marqué plus d’un et a retardé significativement le développement de cette région, une région de l’Est riche en potentialités et aux ressources immenses. Une région faut-il le dire clairement a souffert dans le passé d’un abandon par l’Etat central sous le coup de la géopolitique. C’est d’ailleurs pourquoi plusieurs indicateurs de développement sont toujours au rouge et se sont dégradés en pire. Il a donc fallu une collaboration forces de défense et de sécurité et groupes d’autodéfense très engagés pour rappeler la quiétude dans la région et permettre aux opérateurs économiques de mener tranquillement leurs activités.

Aujourd’hui donc par leurs actions conjuguées, le grand banditisme est devenu un vieux souvenir. Les populations avaient commencé à souffler et nourrir l’espoir quant au décollage économique de la région de l’Est. Des acteurs ont commencé à investir dans la région et les bases de l’émergence du grand Gulmu se dessinaient. Mais, depuis moins d’un an, les choses se compliquaient à nouveau pour la région. Les inquiétudes d’antan sont de retour et les populations se posent mille et une fois avec les attaques terroristes croissantes et répétitives entraînant une psychose dans l’esprit des uns et des autres. L’on se demande pourquoi ce silence tacite face aux attaques terroristes qui s’accroissent. Entre temps, il a été sonné la collaboration entre populations et FDS en vue de renforcer le renseignement et les alertes.

A cette date, même si cette collaboration est à renforcer, il est à noter que les alertes remontent et que les informations circulent. Mais, l’on peine à comprendre pourquoi, les ripostes tardent et se font de façon spontanée alors qu’il faudrait une stratégie structurelle. D’autres parts, les communautés sont dans une confusion improductive, les rumeurs vont bon train et la psychose gagne les esprits. Et les questions foisonnent : pourquoi sommes-nous attaqués ? Qui nous terrorisent ? Que fait l’Etat central ? Pourquoi ce silence sur cette situation d’insécurité et de terrorisme délétère ? Pourquoi cette montée en puissance de l’extrémisme violent ? Qu’attend-on pour réagir efficacement  avant que la situation ne s’empire et se dégrade encore plus ? Des questionnements et des inquiétudes qui gagnent du terrain dans les esprits. L’économie de la région prend un coup. L’on se demande à quel saint se vouer et à quand un retour à la quiétude dans la région de l’Est. Vivement que la région de l’Est retrouve sa quiétude et que l’espoir renaisse dans les esprits. Vivement aussi que la gouvernance s’améliore dans la région!

Clotilde TANKOANO

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