Le Système éducatif Burkinabé

Quoi déjà retourné en classe, lire une leçon qui m’apprend à parler, au lieu d’apprendre un métier, c’est dommage. La mondialisation a atteint nos pays africains pour nous enseigner les mœurs de divers horizons. Dans le processus d’éducation, l’objectif est d’éveiller la conscience, l’intelligence de l’apprenant pour son insertion socio-professionnel. Pour cela, plusieurs disciplines entre en jeu. C’est la faille qui intrigue nos pédagogues.

Maxime Sou, enseignant, gère une classe de CE2 de 132 élèves dans l’école Koua C de Bobo Dioulasso.

Dans un contexte marqué par la diversification et la spécialisation des acteurs dans différents domaines, l’Afrique est notée être à la traîne dans son système d’acquisition des connaissances, l’Education. «  Si nous voulons des ingénieurs, il nous faut former des ingénieurs » nous disait Thomas Sankara. L’enseignement consiste à l’apprentissage de la langue instrumentale et des notions mathématiques, scientifiques, morales… Cependant, cette vision nous mène à un blocus.

La Fonction publique n’absorbe pas tous les élèves.

En d’autres termes, tous les élèves ne sont pas reversés dans une fonction gouvernementale. Il est alors nécessaire d’envisager une porte de sortie pour tous ceux qui voudront se lancer dans le privé ou les métiers professionnels. C’est le cas dans les pays développés. Aux USA par exemple les matières générales sont obligatoires, mais votre collégien aura aussi les « sélectives », une série de matières optionnelles proposées et choisies selon ses goûts : la chorale, l’orchestre, les langues étrangères, l’art, l’informatique, la couture, le code de la route… S’en est un exemple pour préparer nos jeunes générations à une insertion socio-professionnelle. En classe de Troisième, Seconde, Première et Terminale, les élèves choisissent certaines matières en fonction de leur orientation plutôt scientifique ou littéraire. Un Conseiller peut aider votre teenager à choisir les cours en fonction de l’orientation qu’il voudra prendre plus tard.

 

Pour mieux cadrer nos enfants, il est nécessaire de préparer leur avenir dès le bas âge. En enjoignant la formation informatique, manuelle ou technique aux enseignements, ils peuvent appréhender les différents domaines de carrières professionnelles et opérer des choix pour ne pas se fier à la providence d’une fonction improvisée. De surcroît, il est nécessaire d’isoler les orientations intellectuelles de l’enfant afin d’en faire un bon acteur d’un domaine précis. L’enseignement général, surtout des pays francophones se résume à inculquer le savoir parler et la copie comportementale orienté vers le recours prompte à l’Etat. Au Burkina Faso, il est de première nécessité d’éduqué à la citoyenneté, l’informatique, le code de la route et les droits fondamentaux de l’homme. Chose encore relayée à la culture générale.

En Angleterre avant de commencer « Year 12 » (équivalent de la première) on choisit quatre ou cinq matières à étudier pour les deux années de lycée. On peut choisir vraiment ce qu’on veut. On peut mélanger les sciences et les langues, par exemple. Formons plutôt nos enfants en fonction de nos besoins et non la vision coloniale. J’ai été à la rencontre de plusieurs élèves diplômés qui ont rendu un témoignage morbide. « J’ai réussi au Baccalauréat en 2008. J’ai suivi des études de droit. Après la maîtrise, j’ai frappé à toutes les portes. J’ai fouillé des placards, je me suis dit que je n’avais pas de chance. Je ne connaissais même pas coller vélo. Je me suis retrouvé à élever la volaille. » Nous a confié un éleveur qui préfère garder l’anonymat.

Justin OUOBA

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