Education : Les Association des parents d’élèves, une vache laitière pour certains responsables d’établissements!

Les associations des parents d’élèves sont des structures de la société civile, indépendantes et partenaires important des établissements primaires, post-primaire et secondaires. Le constat sur le terrain est très triste et mérite une auto-saisine des juridictions et une implication des autorités qui prônent une éducation de qualité et gratuite pour tous.

Les APE contribuent dans la limite de leurs moyens à la bonne marche des établissements en prenant en charge certaines dépenses liées au fonctionnement. Pour ce faire une contribution volontaire est demandée aux parents d’élèves pour l’atteinte des objectifs fixés par ladite association.  Cependant la gestion de ces cotisations APE rencontre d’énormes difficultés qui compromettent l’éducation au Burkina.

Ces associations réunies au sein de l’UNAPES-B la faitière des APE  sont victimes de manipulations de la part de certains responsables d’établissements qui les utilisent pour leurs propres intérêts égoïstes.  De l’élaboration du budget à l’utilisation des fonds en passant par la mobilisation des fonds ces proviseurs et directeurs occupent une place importante. A titre d’exemple au Lycée départemental de Koloko, l’administration bloquaient les documents scolaires des élèves qui ne sont pas à jours des cotisations spéciales, mieux le proviseur participe aux assemblées générales avec une place de choix au présidium. De quoi se mêle un proviseur ou un directeur dans une affaire de l’APE ?

Les APE deviennent donc la machine à billets des responsables d’établissements qui fixent les cotisations APE selon leurs humeurs. On se rappelle qu’à Karna dans la commune de Samoroguan l’instance du Directeur du CEG à imposer une cotisation spéciale de 20000F au-delà des cotisation ordinaires APE avait révoltée certains parents d’élèves qui ont saisi l’organisation Démocratique de la jeune (ODJ). A Badara et à Guena dans la commune de Kourinion les directeurs de CEG procédaient à l’expulsion des élèves non à jour des cotisations APE. Quelle violation grave des droits de l’enfant!

Il y’a assez d’exemples qui montrent aisément que les bureaux APE ne sont plus sous le contrôle de ceux qui ont été mis en place par les parents d’élèves pour les représenter. Surfacturation, détournement sont les actes auxquels se livrent en toute impunité certains chefs d’établissements avec la complicité ou la naïveté du bureau des parents d’élèves et de certains enseignants.

Le Bimensuel d’investigation Mutation avait livré dans sa parution du 1er novembre 2018, que la gestion des cotisations APE sentait une odeur détournement au Lycée Département de Koloko. Dans le journal, il était dit que l’argent de l’APE a été utilisé pour l’achat d’une imprimante au préfet. Plus de 1000000 de francs CFA a été utilisé pour l’électrification de 13 salles de classes alors que l’argent était destiné à l’organisation des examens blancs, à cela s’ajoute l’utilisation des cotisations APE pour les événements heureux et malheureux chez acteurs du Lycée. Comme ça ne suffisait pas le même bureau a utilisé plus de 600 milles francs CFA dans la construction d’une cuisine de 8 tôles. Dans la même parution on pouvait lire que 95000F ont été utilisés pour confectionner des t-shirts aux professeurs qui n’ont jamais exprimé le besoin.

Lors de leur passage sur le plateau du Grand Déballage de la télévision Burkina Info le porte-parole de la Coordination Nationale des Syndicats de l’Education (CNSE) Bonaventure Belem et le ministre de l’éducation Stanislas Ouaro ont tenté de nous faire croire qu’il n’y pas de crise au MENA, même si les bons observateurs voient venir une crise qui, si elle n’est pas stoppée pourrait créer plus du mal que de bien. Voilà une bonne occasion pour l’UNAPES-B et les APE de montrer aux parents qu’elles sont là pour l’intérêt supérieur des enfants et non pour piller les parents d’élèves.

Le gouvernement qui prône une éducation de qualité et pour tous les enfants trouve-t-il désormais son compte dans le pillage et le vol de nos populations qui souffrent déjà pour scolariser et maintenir leurs enfants à l’école? Un ministre arrive-t-il à dormir lorsque les directeurs avec la naïveté des parents d’élèves font payer jusqu’à 35000F voir plus, dans un établissement public et dans un pays où l’éducation est obligatoire pour tous les enfants de 06 à 16 ans?

Les APE, malgré la suspension des cotisations spéciales et le plafonnement de la cotisation ordinaire APE à 5000F, continuent de spolier les parents d’élèves et ce, même dans les centres urbains sans être inquiétés ni par l’UNAPES-B encore moins le MENA. Par exemple  dans un grand établissement public comme le Lycée Diongolo Traoré de Orodara, la cotisation APE est de 13000F; au CEG de Koloko toute cotisation APE confondue, les élèves payent 22500F avec une cotisation spéciale de 12500f pour supporter la vacation alors que la circulaire du 16 novembre a suspendu les cotisations spéciales.

En clair, le gouvernement a démissionné de ses rôles régaliens en encourageant de par son silence le pillage des parents d’élèves et l’enrichissement de certains membres des bureaux APE et chefs d’établissements.

Au primaire, malgré le salaire des enseignants, une ligne est dégagée dans plusieurs écoles pour motiver les enseignants. Cette somme va de 5000F à 10000f/mois et par enseignant dans certaines écoles sans oublier la surfacturation au niveau des frais de déplacement et de communication des directeurs. Malgré que les OSEP soient une activité budgétisée des CEB, certains directeurs puisent dans les cotisations APE pour semble-t-il supporter les charges de cette activité sportive et culturelle.

Compte tenu de cette situation dégradante de pillage et de vol organisé qui ne favorise pas une révolution de l’éducation, certains parents d’élèves aidés par les structures syndicales ou par certaines personnes éclairées, commencent à prendre conscience et à s’opposer farouchement à cette arnaque. C’est l’exemple du lycée départemental de Koloko, où la mobilisation et la détermination des parents d’élèves ont ramené les cotisations APE de 12500F à 5000F lors de l’assemblée générale ordinaire du 08 novembre 2018. Les parents d’élèves qui ont déjà payé les 12500F seront remboursés.

Au passage les cotisations APE sont libres et volontaires, elles ne s’auraient dépasser la somme de 5000F.

 

EL Bach

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *