Journée Mondiale de l’Eau 2019 : Les « laissés pour compte » au Burkina Faso

Le Burkina Faso, à l’instar de la communauté internationale, a commémoré ce 22 mars 2019, la Journée Mondiale de l’Eau (JME), instituée par ONU-Eau, au regard de l’importance pluridimensionnelle de l’eau.

 

Cette année, le thème retenu « ne laisser personne de côté », se fonde sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) dont la mise en œuvre, doit permettre à tous de bénéficier des progrès accomplis en matière de développement, à l’horizon 2030. Il met surtout en exergue l’une des cibles de l’ODD 6 qui consiste à assurer, l’accès de toutes les couches sociales à l’eau et à une gestion durable de la ressource.

Au Burkina Faso, la vision « zéro corvée d’eau » du Président du Faso, Roch Marc Christian KABORE décliné dans le Plan national de développement économique et social (PNDES) en son volet « Eau et Assainissement », fait le parallèle.

Cela implique donc un accès à l’eau potable pour tous y compris les populations des zones informelles, communément appelé quartiers non lotis au Burkina Faso. Les populations de ces quartiers non lotis, sont estimés à près de 21% de la population de Ouagadougou, la capitale du pays.

L’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA), en charge de la gestion de l’eau et de l’assainissement dans les centres urbains du Burkina Faso, répond à cette problématique à travers la conception et l’expérimentation de l’alimentation en eau potable des quartiers non lotis de Ouagadougou par le biais de la délégation de service public (DSP). L’idée étant de fournir l’eau à un délégataire à la limite de la zone lotie, qui la redistribue à la population des zones concernées à travers les bornes-fontaines et les branchements particuliers

 

La DSP dans ces quartiers a en effet permis de passer d’un taux d’équipements en branchements privés de 23% en 2012 à 52,42% en 2017, de réduire le temps et la distance d’approvisionnement, mais reste loin de la vision « zéro corvée d’eau » dans ces quartiers.

Aussi le dispositif reste insuffisant en nombre et pire en terme de volume et de débit d’eau fournit. L’accès à l’eau reste donc inéquitable dans ces quartiers et l’augmentation rapide des pénuries, provoquée par une pression croissante sur les ressources hydriques ainsi que par les effets des changements climatiques et démographiques, enferment les habitants de ces quartiers dans la pauvreté et limitent leur potentiel.

D’ailleurs dans sa réflexion en marge de la journée mondiale de l’eau, l’Association des Ingénieurs et Techniciens en génie civil du Burkina spécialisés dans le domaine de l’eau, informe que plus de 90% des personnes utilisant une eau impropre à la consommation et des sources non protégées en milieu urbain vivent dans les quartiers non lotis.

 

 

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