Résultats scolaires au MENAPLN : (Ré) armer notre éducation

Résultats scolaires au MENAPLN : (Ré) armer notre éducation

C’est un secret de polichinelle de dire que le niveau de l’enseignement scolaire est en chute libre au Burkina Faso depuis des décennies. Et les résultats des examens scolaires du Certificat d’Etude Primaire et du Brevet d’Etude du Premier Cycle, session 2019, sont là pour le prouver. Les deux résultats définitifs de la session normale ont été publiés par le Ministère de l’Education Nationale et de la Promotion des Langues Nationales.

Pour le CEP, session 2019, le taux de succès au niveau national est de 56% contre un taux de 64,82% pour l’année dernière. 

Quant au BEPC, c’est un taux bas de 26,62% au niveau national, loin derrière le score de 2018 qui était de 42,94%. On note substantiellement une baisse de 8,82 points pour le CEP et 16,32 points pour le BEPC sur les deux années.

Et ce qui frappe c’est qu’à première vue, on aurait pu penser que le contexte sécuritaire s’ajouterait à la liste des facteurs de cette dégringolade. Mais pas vraiment, car des régions touchées par les attaques terroristes s’en sont tirées avec des taux acceptables.

En effet, pour le taux de succès au BEPC 2019, les régions du Sahel et de l’Est par exemple, se classent respectivement 4e (27,58%) et 9e (25,13%) sur les 13 régions du pays, tandis qu’au CEP, l’Est trône à la 2e place nationale avec 62,10% et le Sahel 6e avec 55,81%. Ce qui est fort encourageant pour les acteurs de l’éducation dans le contexte de fermetures de classes qui a caractérisé ces zones durant l’année. Le Conseil des ministres du 3 juillet 2019 a d’ailleurs autorisé l’organisation du regroupement des élèves dans ces zones pour une session spéciale du CEP, du BEPC et du Baccalauréat qui se tiendra en septembre 2019.

Les vraies raisons de cet échec dans la formation des élites de demain sont donc à rechercher ailleurs et commandent une réelle introspection et des mesures structurelles fortes pour (re)venir à un enseignement de qualité.

Il faut dès lors espérer sérieusement que le relèvement du niveau de recrutements des enseignants avec le BAC à partir de 2020, la revalorisation du statut de l’enseignant et la refonte progressive des curricula d’enseignement vont changer la donne. Il faut améliorer les taux d’achèvement scolaire du CEP au BAC avec un ratio acceptable qui soit loin de l’abime d’un niveau à un autre.

Nelson MANDELA, l’a professé : « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde». Il faut donc agir, pour ‘‘armer’’ notre éducation afin de transformer, dans un avenir proche, le Burkina Faso riche d’hommes et de femmes valeureux dans tous les secteurs de la société.

Mindiéba OUALI

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