Administration publique : Un Etat en location ! ?

S’il y a une chose qui me laisse pantois dans l’Administration burkinabè, c’est la préférence incompréhensible de la location au détriment de la construction sur des sites propres.

Il y a des ministères, des directions clés ou de simples services déconcentrés, dont les locaux sont jusqu’à ce jour, dans des bâtiments d’emprunt ou de location et ce, depuis des décennies. Et Dieu seul sait, le montant (faramineux) d’un seul mois de location, dont la routine ne semble gêner grand monde.

A titre illustratif et selon des estimations datées de 2016, c’est un peu plus de cinq (05) milliards que l’Etat Burkinabè injecte chaque dans les baux locatifs avec des loyers mensuels estimés à vingt (20) millions de nos francs. Et le système continue. Depuis cette date, excepté l’Hôtel Administratif de Ouagadougou, qui a accueilli ses occupants en 2018, rien ne semble bouger côté construction, si bien que l’Etat burkinabè reste le premier client des promoteurs immobiliers dans les faits.

L’Etat s’accommoderait-il de cette saignée ? Sinon comment expliquer que le montant cumulé d’une location annuelle, qui peut servir à la construction d’un local propre, ne suscite pas un plan structurel ?

Pourtant ce ne sont pas les terrains qui manquent dans bien des cas. Certains services préfèrent ou du moins le système les contraint à demeurer en location pour des raisons qui mériteraient que des médias d’investigation et des structures de contrôle, y jettent un regard. On peut comprendre qu’il soit louable d’encourager les promoteurs privés pour abriter des services publics, ce qui devrait, en principe, demeurer une mesure palliative et conjoncturelle.

Mais force est de constater que la pratique est tellement courante que l’on se demande bien, à qui profite ce deal, ce système paradoxal de gestion des fonds publics. Parler de la réduction du train de vie de l’Etat, tout en dilapidant des milliards chaque année pour continuer à dormir sur la natte d’autrui, pendant qu’on a des réserves administratives qui attendent juste une mise en valeur.

Jusqu’à quand ce système va-t-il prospérer ?

Quand est ce qu’on va décider d’investir une bonne fois, dans des locaux propres ?

A qui profite ce système ?

Mindieba 

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