VIH et handicap: L’application de la gratuite des soins bat de l’aile

De nos jours les médias et les publications ont tendance à faire une caricature misérabiliste des personnes vivant avec un handicap et à leur donner l’image de personnes qui ont besoin de compassion. Cependant, malgré ces clichés et la condition physique de ces personnes, elles ont quand même des droits qui doivent être respectés.

 Par définition, une personne vivant avec un handicap est toute personne qui présente une ou des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à sa pleine et effective participation à la vie de la société sur la base de l’égalité avec les autres (article 2 de la loi 012. Donner le nom exact de ladite loi). Ces barrières en question peuvent être levées par la mise en place de certaines commodités et mesures adaptées.  Etant des citoyens à part entière, les personnes vivant avec un handicap jouissent des mêmes droits que tout citoyen burkinabè: le droit de travailler, à l’éducation, l’accès aux soins, etc.

Une prise en charge du VIH en souffrance

Parlant effectivement de l’accès aux soins, il y a un bémol. Sur le terrain, le constat fait est tout autre. Prenons exemple sur le VIH. Le taux de prévalence de personnes vivant avec un handicap infectées par le VIH s’élève à 4,6% contre 0,9% (EBC-2017).  Ce taux de prévalence reste élevé quand on sait que le Burkina Faso, signataire de la Convention des droits des personnes handicapées (CDPH), a obtenu un financement de la Banque mondiale pour une période de 3 ans (Janvier 2017 à Décembre 2019) avec un budget global de 2.

 En effet, en 2019, les conditions d’établissement de la carte d’invalidité posent problème, l’application de prérogatives liées à cette carte pareillement. Pour cause, faute de mauvaise communication, beaucoup d’agents de santé ignorent l’existence de cette carte, ses modalités d’établissement ainsi que son importance. Dans ce contexte, il est quasiment impossible que l’on puisse appliquer l’article 7 de la loi 012 qui prévoit que : ‘’Toute personne handicapée titulaire d’une carte d’invalidité et reconnue indigente bénéficie gratuitement des consultations, des soins, des examens complémentaires, des médicaments, de l’hospitalisation dans les structures publiques de santé’’.

Si les personnes vivant avec un handicap jouissent des mêmes droits que tout citoyen burkinabè, celles qui sont atteintes du VIH doivent en jouir davantage conformément à l’engagement de l’État, à promouvoir, protéger et assurer la pleine et égale jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales des personnes handicapées, et de leur dignité intrinsèque, conformément à la convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH).

 En effet, le Burkina s’était engagé dans la réponse au VIH de ne « laisser personne de côté » dans la réalisation des objectifs 90-90-90 et des ODD notamment dans l’agenda 2030.

Il est donc urgent qu’il y ait une adaptation des centres de soins et traitement à la situation du handicap. Adaptations pour une meilleure accessibilité physique et géographique. Enfin, il faudrait accentuer la prise en charge pédiatrique du VIH et la renforcer pour tenir compte de la situation des enfants infectés.

Cheik Abdoul Kader RABO

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