L’arbre sans fruit : gros plan sur la stérilité

C’est un film documentaire sur les souffrances cachées des femmes liées à l’infertilité. L’histoire accroche bien d’autant plus que c’est le vécu personnel de la réalisatrice, Aïcha Macky, qui est ainsi contée.

affiche_larbre_sans_fruit1Pour accrocher et emporter le téléspectateur dans son histoire, le film commence par une séquence sur une femme en travail. La maternité, c’est le bonheur de toute femme ! Malheureusement, ce ne sera pas le cas d’Aïcha Macky. Plus de cinq après le mariage, aucun signe de grossesse n’est annoncé. Dans ces conditions, c’est la femme qui est indexée. Il ne vient à l’esprit de personne de se demander si le problème ne vient pas du mari. La réalité est qu’il suffit d’avoir une bonne érection pour que l’homme pense être viril, fertile. Ce tableau est donc une projection dans une société où l’infertilité est conjuguée au féminin.

La femme étant celle qui mise en cause, elle devra trouver les voies et moyens pour trouver un remède. C’est en cela que l’actrice principale va faire le tour des marabouts, charlatans, féticheurs. Cette quête non plus n’est pas sans risque. Les charlatans profitent et abusent de ces femmes qui les consultent, selon un témoignage du film.

Derrière la métaphore du titre (l’arbre sans fruit) se cache aussi la quête d’une identité. Celle d’une mère. Cela se perçoit à travers un certain nombre de questionnement. « Peut-on seulement être une femme sans être une mère au Niger? » se demande-t-elle. « Quand un être meurt sans enfant on dit que sa vie n’a pas été accomplie. A qui puis- je m’identifier? » « Suis-je normale? » Derrière donc ces questions se cache une âme angoissée, triste. Et c’est vraiment avec tristesse qu’elle répond à son questionnement : « Je suis un arbre d’ornements et d’ombrage. Je suis un arbre sans fruit.» C’est bien la société qu’il faut accuser. Elle qui a un regard détourné de ces femmes et trouve des arguments pour justifier le fait qu’un homme répudie son épouse qui n’arrive pas à lui donner un enfant.

Les femmes jugées « infertiles » sont en effet la risée des autres. Aucune femme ne peut supporter cela. Quand par exemple on les taquine du genre : «  qu’est-ce que tu attends pour faire un enfant » Aïcha Macky a marqué un grand pas en portant sur les écrans son cas personnel. On peut la féliciter d’avoir en même temps traité du problème de milliers voire de millions de ses consœurs. C’est en cela que le film est dédié à toutes les femmes.

Basidou KINDA

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