“L’orage africain” pour que l’Afrique ne vive plus sous influence

Comme à ses habitudes, Sylvestre Amoussou présent encore un film engagé. Le réalisateur béninois dénonce cette fois-ci la sur exploitation du sous-sol africain par des entreprises étrangères. Et surtout leur implication dans les conflits sur le continent africain.  amoussou-sylvestre

C’est certainement l’un des films les plus appréciés du public cinéphile. Pour cette 25e  édition du Fespaco, Sylvestre Amoussou compte sur L’orage africain-un continent sous influence, pour remporter l’étalon de Yennenga. C’est une continuité de sa série de film dépeignant un avenir plus reluisant pour le continent africain. Déjà lauréat du prix Sembène Ousmane en 2007 avec Africa Paradis, le Béninois est présent cette année au Fespaco avec L’orage africain-Un continent sous influence.

L’orage africain est un film d’actualité. Il pose le  problème de la dépendance totale des pays africains vis-à-vis de l’Occident, révèle en même temps les maux de ce continent pourtant riche en ressources minières de tous genres.

Nous sommes dans la République imaginaire de Tangana. Le président, Esso Ezo, est démocratiquement élu à une large majorité de 70 %. Fort de sa popularité, il entreprend une nationalisation des sociétés étrangères notamment occidentales. Celles-ci exploitent le sous-sol « tanganais » alors que le pays ne reçoit que des miettes de cette exploitation. Cette nationalisation qui va plaire à la population n’est sans doute pas du goût des propriétaires occidentaux.

Comme il fallait s’y attendre, c’est le début de multiples complots contre le président Ezo. Division au sein du gouvernement, attentat à l’Assemblée nationale, assassinat d’innocents sont orchestrés pour affaiblir le président Ezo. Bien-sûr avec la complicité de certains membres de son gouvernement. Affaibli mais persévérant, le président annonce même la création d’une monnaie « tanganaise » et fait appel aux partenaires chinois et russes. Le film termine sur une note d’espoir puisque le pire a été évité.

Ce film, proche de la réalité, remet sur la table l’implication des occidentaux dans les crises en Afrique, l’indépendance des Etats africains et la question de monnaie africaine. Certaines images du soulèvement populaire du peuple burkinabè ont été reprises dans le film de Sylvestre Amoussou. C’est le cas des séquences sur le saccage de l’Assemblée nationale le 30 octobre 2014. Présent dans la salle, le réalisateur et acteur principal, Sylvestre Amoussou, a été longuement ovationné par des centaines de cinéphiles venus découvrir son Orage africain-Un continent sous influence. Preuve que le film a plu à plus d’un. Dans la course pour l’Etalon de Yennenga, ce film peut être un candidat sérieux.

Judicaël LOMPO

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