Fespaco 2017 : le Tchadien Djibril Ibrahim dénonce le manque de soutien des jeunes

Nous l’avons rencontré ce dimanche 26 fevrier, au cours de la cérémonie d’inauguration de la statue de bronze du réalisateur ivoirien Fadika Kramo Lanciné à la place des cinéastes. Il se présente comme un « nouveau cinéaste » car son « œuvre est au stade embryonnaire » mais il n’a déjà pas sa langue dans la poche. « Je dirai ce que tout le monde pensent bas et je le dirai très haut », clame-t-il.

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Djibril Ibrahim classe les cinéastes africains dans deux catégories bien distinctes. La première est celle de réalisateurs « dépassés qui font des films démodés qu’aujourd’hui on ne regarde même pas puisqu’ils font rire plus qu’autre chose ». Ceux-là, il les présente comme « des prostitués politiques » car pour lui, ce sont eux, les « valets     de l’occident ». Il en veut pour preuve « le musèlement » des jeunes comédiens comme lui.

En effet, Djibril Ibrahim dit avoir participé à un film qui a remporté un Étalon de bronze du FESPACO mais dont plusieurs séquences dans lesquelles il apparaissait auraient été par la suite « éliminées » par le réalisateur. Il dit avoir travaillé pour son pays 15 années durant sans qu’aucun soutien ne lui soit apporté. « Comment voulez-vous que j’avance alors qu’il y a une main basse sur cet art qui est le 7e art ? », s’interroge-t-il.

La deuxième catégorie, « Ce sont tous ces jeunes qui se battent chaque année pour le cinéma africain » mais qui sont relégués au second plan. En témoigne le « manque de soutien de la nouvelle génération » dans son pays d’origine, le Tchad par exemple.  « Cette nouvelle génération n’arrive pas à émerger parce que les politiques ne les soutiennent pas », dit-il. Cet ex-comédien et danseur dit avoir des scénarios de deux longs métrages mais par manque de soutien, il se trouve dans le lot des « réalisateurs qu’on ne connaît pas ».

Néanmoins, il y a une chose dont il est sûr : il va « marquer le cinéma parce que c’est (son) destin ». A l’endroit de toute la jeunesse africaine, Djibril Ibrahim dit n’avoir qu’un seul mot : « continuez » !

Martin KABA

Blog : Regard sur le monde

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