S.O.S ! Un radier pour le « trou » de Lady !

Région du Plateau central. Province du Ganzourgou. Commune de Mogtédo. Village Rapadama V5 (ou V5), hameau de culture, Lady. Environ une cinquantaine d’habitants. Lorsqu’il pleut, ils sont coupés de Rapadama V4 (ou V4) où se trouvent marché et centre de santé. A cause d’un ruisseau.

Ce village est situé moins de 100 kilomètres de Ouagadougou, la capitale.  Généralement, ce sont eux qui doivent vous joindre au téléphone. Simplement parce que les antennes des compagnies de téléphonie mobile ne balaient pas convenablement les toits de leurs maisons.

Ces braves paysans vivent de l’agriculture. En saison sèche, au bord du fleuve Nakambé, ils s’essaient à la culture maraîchère : oignons, aubergine africaine, gombo frais,  carottes viennent achalander les marchés de Ouagadougou, en passant par le marché de  V4.

Le « trou »

Ils pratiquent aussi la culture de la pastèque et du melon. Ce sont leurs principales sources de revenus afin d’éviter de vendre leurs récoltes.

Mais c’est connu. Tout ce petit commerce qui permet d’acheter les agréments de leur vie (sel, soumbala, sucre, café, vêtements) n’est envisageable qu’avec une route, et une bonne. Pourtant, Lady, qui relève de V5, n’a pas une bonne  route. Elle est coupée à quelques deux kilomètres de V4 par ce qui était dans les années 1980, un petit ruisseau que l’on traversait assez aisément s’il n’y a pas trop d’eau.

En 2018, ce « petit » ruisseau est en passe de devenir un véritable cours d’eau, plein à ras bord par temps de bonnes pluies et une crevasse difficile à passer en saison sèche. Les habitants de Lady l’appellent « le trou ».

Ils se lavent le visage en espérant…

Ce qui fait que les camions et autres véhicules à quatre roues qui permettent de ramener  les « condiments » de Lady mettent une croix sur le village lorsque le ciel ouvre ses vannes. La situation n’est guère meilleure lorsque les pluies sont loin. Le fossé laissé est difficilement franchissable par les engins à deux roues, à plus forte raison les quatre roues.

Mais la situation devient plus dramatique lorsqu’il faut transporter un malade de V5 ou Lady pour rejoindre V4. « Une fois, j’étais malade de palu. Mon voisin m’a remorqué. Mais arrivé au « trou », j’ai dû descendre aider le voisin à pousser la moto pour traverser », se souvient un habitant.

Pourtant, les populations de V4, Lady et V5 ont fait de leur mieux pour boucher « le trou » ou du moins, y fabriquer un semblant de radier pour amenuiser leurs douleurs. Sacs remplis de sables, gravier, roches.

Mais tous les efforts ne font qu’élargir le « trou », qui entrebâille largement ses rives, en un sourire moqueur à l’égard des braves paysans. De sorte qu’ils se lavent désormais le visage, en espérant qu’une main appelée « l’Etat » viendra leur frotter le dos.

S.O.S donc pour trouver un radier pour le « trou » de Lady.

Abdou ZOURE

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