Lutte contre la pauvreté : Des éleveurs s’organisent !

Le Burkina Faso est un pays sahélien dont l’économie repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage. A eux deux, ils contribuent à plus de 30% du Produit Intérieur Brut (PIB) et assurent 80% des exportations.

Le sous-secteur de l’élevage représente à lui seul 18% du PIB avec l’exportation du bétail, des cuirs et des peaux. Il est le 3ème pourvoyeur de devises après les mines et le coton.

En dépit de la place prépondérante de l’élevage dans l’économie nationale et de l’importance du cheptel bovin, la production intérieure en lait est loin de satisfaire la demande de consommation. Cela occasionne chaque année des sorties massives de devises pour l’importation de lait et produits laitiers dans le souci de combler le déficit de consommation.

Afin de remédier de façon durable à ce problème, le Burkina Faso a fait du développement de la filière lait, une priorité depuis plus de deux décennies. C’est ainsi que le Programme Pilote pour le Développement Laitier (PNPDL) a vu le jour dans les années 90. Cette initiative a permis d’appuyer le développement des unités de transformation de lait (UTL) au Burkina Faso, dans le but de valoriser la production disponible et inciter les producteurs à améliorer la productivité de leurs animaux.  Malgré les acquis de cette nouvelle dynamique, la filière lait rencontre d’énormes difficultés liées à l’irrégularité de la production, à l’approvisionnement des UTL en saison sèche, à l’hygiène et la qualité, à l’écoulement dans certaines zones en saison pluvieuse, à la non disponibilité et au coût élevé des équipements et des emballages de qualité.

Les producteurs se mettent ensemble pour défendre leurs potentialités

Convaincues que l’union fait la force, 24 mini laiteries créées ou approvisionnées par une organisation de producteurs de lait et deux (02) groupements de producteurs de lait local se sont regroupés autour d’une organisation dénommée l’Union nationale des Mini laiteries  et Producteurs de Lait local au Burkina en abrégé UMPL/B avec pour objectif de promouvoir le lait local afin de rendre les unités de production et de transformation de ses membres plus compétitives sur le marché et de relever les défis ci-dessus cités.

De 26 membres au départ en 2007, elle compte à nos jours 53 laiteries et implantés dans douze (12) régions sur les treize (13) que compte le Burkina Faso.

Depuis sa création le 13 juillet 2007, l’UMPL/B bénéficie de l’accompagnement de ses partenaires techniques et financiers en l’occurrence le MRAH, OXFAM solidarité, ABADAS, PASMEP, AFDI ET SEDELAN afin d’asseoir des unités économiquement compétitives sur le marché.

Les éleveurs ont face à la concurrence avec l’appui des partenaires.

Pour faire face à tous ces problèmes, l’UMPL/B et les organisations partenaires telles que APESS, RBM, CPF, PASMEP, IPROLAIT, en tandem avec leurs partenaires (Oxfam, MIG, AFDI) souhaitent initier une série d’activités d’échanges d’expériences et de plaidoyer à travers cette vitrine appelée « 72 h de lait local ».

De plus, en lien avec les enjeux susmentionnés, l’agenda régional offre une série d’opportunités d’influence pour assurer un cadre adéquat au développement de la filière : offensive lait de la CEDEAO, la révision du TEC en 2018, la discussion sur le cadre commercial UE /Afrique.

La présente édition des « 72 h de lait local » qui est la quatrième, a pour but de consolider les acquis des éditions précédentes et de perpétuer la tradition. A l’instar des autres éditions, la présente sera jumelée aux Assemblées Générales Ordinaire (AGO) de l’UMPL/B, mieux elle sera adjointe à la campagne publique « mon lait est local ».

Les réflexions et manifestations se mèneront autour du thème central intitulé : « Quel environnement incitatif pour un accès des produits laitiers locaux aux marchés institutionnels ».

Les débats autour du thème orienteront les acteurs directs ainsi que les partenaires sur l’accompagnement approprié à apporter pour un véritable décollage économique de la filière lait local au Burkina.

La cérémonie est placée sous la Présidence du Ministre des Ressources Animales et Halieutiques et sous le parrainage du ministre des affaires étrangères.

Ces 72heures seront l’occasion pour les populations de découvrir le lait local et de déguster tous les produits faits à base du lait local. Avec les présages de la banque mondiale sur le taux de pauvreté en Afrique subsaharienne,  il est temps que nos populations se réveillent pour valoriser nos potentialités.

 

Van Marcel OUOBA

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