Le business des timbres communaux et fiscaux

Nos documents administratifs nous ont toujours obligés à faire un tour dans l’une de mairies de la commune de Ouagadougou. Triste est de devoir reporter une l’égalisation pour complément de dossier au lendemain.

C’est dans l’empressement d’un  lundi matin que je fus surpris à l’entrée de la Mairie de l’Arrondissement 4 de Ouagadougou d’entendre que les timbres se vendent dehors. Comme tant d’autres dans le rang avec moi, la patience de la queue fut interrompue par ces mots inattendus « Pas de timbres, n’insistez pas! ».  Des étudiants, des commerçants, tous se sont retirés avec le même verset de déception “On verra tout dans ce Burkina Post-insurrectionnel”. « Je suis déçu ; comment des timbres peuvent manquer de nos jours ? » nous dit un étudiant en anglais. Ne voulant pas payer plus que le prix du timbre à l’extérieur de la mairie, je me suis rendu à la mairie de Bogodogo et peine perdue, pas de timbres pour la légalisation.

Pendant que la mairie manque de timbres, des revendeurs se frottent les mains en faisant de bonnes affaires au dehors avec les timbres qui devaient être vendus à l’intérieur de la mairie. L’intérêt varie selon le prix du timbre entre 100FCFA à 200FCFA.

“Je mène cette activité parce que je n’ai pas de boulot,  il n’y a pas de sot métier, j’ai donc décidé de mener cette activité pour subvenir à mes besoins.” Nous dit L’un de ses revendeurs ; il dit gagner 5000 à 10 000 FCFA par jour comme bénéfices. Il dit mener cette activité faute d’emploi et que le bénéfice récolté lui permet de subvenir à ses besoins. A la question de savoir comment il fait pour se procurer les timbres tandis qu’il en manque au sein de la mairie, il répond avec un ère moqueur qu’il s’agit de son business et n’est pas prêt à nous révéler son secret professionnel. Mais tout porte à croire qu’il se ravitaille régulièrement avec le vendeur de timbre de la mairie. Nous avons tenté sans succès d’arracher quelques mots aux vendeurs de timbres de la mairie. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un business dont il est impliqué.

Le pouvoir doit donc réguler ce domaine du moment où l’ère du numérique approche pour éviter de permettre à quelques fonctionnaires indélicats de faire payer plus qu’il ne se doit aux citoyens pour des timbres.

Pour satisfaire à la demande des administrés et répondre aux besoins de modernisation, le gouvernement demeure convaincu que la promotion d’une administration électronique, transparente et opérationnelle est un levier de l’émergence du pays.

Partant de ce constat, la nécessité d’élaborer une politique de modernisation de l’administration doit devenir une urgence au niveau du Ministère en charge de la réforme de l’administration. Il s’agira d’améliorer les performances de l’administration et les relations entre l’administration et les administrés à travers les prestations de service offertes aux citoyens. Cela passe par un meilleur accueil des usagers, une simplification des formalités et des procédures administratives, un développement de l’administration électronique, un renforcement des droits des citoyens face à l’administration et une politique de transparence.

L’avis d’un citoyen est que l’administration s’aligne avec les TIC en faisant usage de Timbres-tampons ou numériques par exemple. Cela évitera les ruptures et les frustrations des usagers.

 

Justin OUOBA

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