Les rackets : un sérieux frein à la collaboration entre les populations et les forces de défense et de sécurité tant souhaitée

L’une des pages sombres de 2018 pour les Burkinabè est sans doute les multiples attaques contre les positions des forces de défense et de sécurité dont la dernière avait causé la mort de 10 gendarmes de la brigade Toéni dans le Sourou. Face à ces attaques qui gagnent du terrain, le gouvernement et les FDS appellent à la collaboration entre populations civiles et les FDS. Cependant certains comportements peu catholiques venant de certains,  notamment les rackets, ne favorisent pas ladite collaboration.

                                                                            Image utilisée à titre d’illustration

Un tour d’horizon sur les réseaux sociaux et sur les médias nous permet de constater que l’un des problèmes que traverse notre pays est l’insécurité marquée par des multiples attaques terroristes dans les régions du Nord, du Sahel de l’Est et dans la Boucle du Mouhoun. L’état d’urgence décrété dans certaines régions et provinces du pays lors du conseil des ministres extraordinaire du 31 décembre 2018 et prolongé par une session spéciale de l’Assemblée Nationale en date du 11 janvier 2019 en dit tout. D’ailleurs, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré lors de son adresse à la nation à l’occasion du nouvel AN,  avait demandé une forte collaboration de la population pour venir à bout d’un phénomène qui n’a que trop duré.

Bien avant l’état d’urgence, des actions sont menées par nos braves FDS dont nous ne cesserons de saluer le courage et la détermination. Parmi ces actions figurent les contrôles d’identité sur nos routes et les patrouilles qui leurs coûtent souvent la vie. Si certaines font bien le travail lié aux contrôles de routine, d’autres par contre adoptent des comportements indignes des Burkinabè qui nous éloignent des objectifs recherchés.

Ils sont nombreux à spolier nos populations sur les routes lors des contrôles qui se limitent à la vérification des documents d’identité. Un bon citoyen doit toujours avoir ses documents d’identité par devers lui. Les postes de contrôle doivent réprimer à travers les verbalisations ceux qui n’ont pas les documents d’identité mais aussi les sensibiliser.

A titre illustratif, nous avons été plusieurs fois témoins des tractations entre FDS et usagers de la route suite aux contrôles mais aussi les transporteurs. Certains citoyens sont pénalisés lorsque leurs cartes d’identité sont expirées et ce, malgré la possession du récépissé qui montre qu’une autre carte a été établie.
Un citoyen dont la carte est expirée et qui a par devers lui un récépissé ne devrait pas être pénalisé d’autant plus que la chaîne d’élaboration des CNIB et leur convoi au niveau de l’Office National d’Identification est un parcours de combattant. Il eût des moments où il faut attendre trois ou quatre mois après pour avoir votre CNIB, surtout avec la crise qu’avait connue l’ONI Durant ce temps faut-il en vouloir au citoyen qui doit forcément effectuer des déplacements à l’intérieur du pays?

Si les contrôles étaient suivis de verbalisations en bonne et due forme, il n’y avait pas de débat. Malheureusement, dans plusieurs postes de contrôle (police ou gendarmerie), les choses se terminent par un mille ou deux milles francs. A qui profitent ces 1000F que le citoyen doit payer dans presque chaque poste de contrôle? C’est donc du racket comme l’avait clairement démontré un reportage de la radio Oméga FM. Malgré la diffusion du reportage qui avait coûté semble-t-il une suspension aux FDS incriminées, la pratique continue. Si les contrôles qui devaient être rigoureux au regard de notre contexte de sécurité fragile, se limitent aux vérifications des identités et à l’encaissement de l’argent, il y a  de quoi s’inquiéter.

Ces attitudes pas du tout catholiques doivent être bannies dans un contexte d’insécurité où les forces de défense  et de sécurité font face aux attaques terroristes et ont besoin d’une franche collaboration de la population pour bouter hors de notre pays les forces du mal qui endeuillent les Burkinabè depuis 2016. Car nous sommes tous conscients que c’est par la dénonciation que nous parviendrons à neutraliser ses ennemis communs qui sèment la panique dans notre pays. Les Forces de Défenses et de Sécurité sont donc interpelées.

El Bach

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