Excision : Faut-il lutter contre la pratique en ouvrant la porte à d’autres problèmes?

Les mutilations génitales féminines sont des pratiques traditionnelles néfastes qui portent atteinte à la dignité et à l’intégrité physique de la femme. Au Burkina Faso parmi ces mutilations on note particulièrement l’excision, qui malgré les multiples actions dans la prévention, la répression et la réparation des séquelles, continuent d’être malheureusement pratiquée de façon clandestine comme c’est le cas dans la commune de Beregua dans la province du Poni.

Matériel du pansement abandonné par les exciseuses dans leur fuite 

Selon un reportage de la Télévision Nationale diffusé aux éditions du samedi 26 janvier 2019, plus d’une trentaine de fillettes ont été excisées dans la commune de Beregua dans la province du Poni, région du Sud-ouest. S’il faut encourager la diffusion des messages tendant à décourager la pratique, celui diffusé sur les antennes de la RTB mérite un regard particulier et une double interpellation. D’abord la télévision et ensuite le Directeur Provincial de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille du Poni, Monsieur Drissa Tou.

 Le premier cas ayant traité l’information sans penser aux dénonciateurs qu’il expose et le deuxième malgré qu’il soit le premier responsable de la province en matière de lutte contre l’excision, sans tenir compte des éventuelles représailles qui pourraient, elles aussi avoir des conséquences, a laissé entendre dans son interview d’où est venue la dénonciation.

Paradoxalement le directeur demande à la fin de son interview une collaboration des populations dans la dénonciation afin de lutter contre la pratique. Un cas très malheureux qui dégage de la contradiction. On demande de collaborer et on est incapable de protéger cette collaboration.

Tout bon Travailleur Social verra sa sensibilité heurtée à travers cet élément. Inutile de rappeler à un technicien des relations humaines de surcroît un cadre et responsable d’une structure déconcentrée que notre mission d’apporter le changement des comportements nous exposent aux risques, nos collaborateurs avec. Il faut donc de la manière lorsque l’on s’adresse au grand public.

Le ministre de la femme et le Secrétariat Permanent du Comité Nationale de Lutte Contre la Pratique de l’Excision (SP/CNLPE) doivent s’inspirer de cette situation pour corriger les erreurs déjà commises en renforçant par exemple les capacités des journalistes et acteurs des médias sur les questions sensibles au travail social car plusieurs fois les images de nos publics cibles et les informations les concernant ont été exposées dans les médias.

L’excision est une mutilation génitale féminine qui consiste à l’ablation partielle ou totale de l’appareil génitale de la femme. C’est une pratique qui continue malgré les grandes avancées en matière de la lutte. La pratique de l’excision est punie d’un emprisonnement allant jusqu’à 3 ans et une amende pouvant atteindre 900 000 FCFA.

El Bach

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