Quand la détermination des femmes de Koloko malgré les conditions difficiles force l’admiration

Situé à environ cinq minutes du premier village malien (Hermakono), Koloko est un village où on ne parle pas que des cotisations spéciales. Dans ce village frontalier où les sénoufo ethnie majoritaire cohabitent en parfaite symbiose avec les autres ethnies (dioula, samogo, mossi, etc…), la femme n’est pas en marge du développement. Ce samedi 05 janvier 2019, nous avons rendu visite aux femmes qui ont décidé de concilier les travaux domestiques et la maraicher-cultures.

Puits à grand diamètre dont l’eau sert à arroser les plants

 

 

Non loin de l’air de repos et de détente Echo village de Koloko, deux groupements de femme composés en majorité des femmes en âge avancé, s’adonnent il y’a plusieurs années à la maraîcher-culture. Ce sont des femmes qui, au lieu d’accuser la pauvreté, la vieillesse ou encore leur condition de femme envahissent l’espace dès octobre de chaque année pour les travaux de jardinage qui, de par sa complexité était pratiquée par les hommes dans certaines localités du pays.

Avec du matériels archaïques (daba, pioche, houe), elles se servent de deux puits à grand diamètre et d’autres puits artisanaux pour arroser les plants composés de choux, oignons, salades, carottes, oseilles, etc…

Les produits de ces travaux sont revendus sur place à Koloko et permettent de se procurer de l’engrais et le reste contribue aux charges de la famille et à la scolarité des enfants.

Selon une femme avec qui nous avons échangé à proximité du jardin où elle et ses camarades récoltaient le souchet (tchongo): «le travail que nous menons ici en saison sèche est bénéfique dans la mesure où il nous éloigne de la dépendance lorsqu’il s’agit des petits besoins tels que s’acheter la cola, les condiments». Cependant elles disent être confrontées au manque d’eau lorsque les puits tarissent et à la divagation des animaux qui, une fois que les femmes rentrent pour les travaux domestiques, envahissent le jardin qui n’a pas de clôture et causent des dégâts sur les plants. Les travaux s’arrêtent donc lorsque les puits s’assèchent.

Une planche de salade prête pour la consommation

Ce serait un refrain de dire que ces braves femmes qui exploitent de façon archaïque un terrain d’environ quatre hectares ont besoin d’aide et d’appui technique pour faire prospérer cette activité qui est toujours en phase embryonnaire. C’est l’occasion pour nous d’apostropher les fils et filles de Koloko mais aussi du Kénédougou afin qu’ils jettent un regard sur la détermination de ces femmes qui force l’exaltation quand on sait qu’un groupe électrogène, des tuyaux, du grillage et des arrosoirs pourraient soulager un tant soit peu ces femmes qui participent dans la limite de leur possible au rayonnement de la commune de koloko.

Cette interpellation s’adresse également au gouvernement à travers les ministères de la femme, qui prône l’autonomisation économique de la femme et celui de l’agriculture mais et surtout les organisations ou associations qui font de la promotion des droits de la femme leur fer de lance. Voilà une bonne occasion pour promouvoir l’activité de ces femmes qui on pourrait le dire portent le pantalon, dont la bravoure n’est plus à démontrer ce qui pourrait sans aucun doute impacter positivement leur quotidien et celui de leur famille.

El Bach

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