Burkina : De la nécessité d’encourager les « génies »

« Des chercheurs qui cherchent  on en trouve. Des chercheurs qui trouvent, on en cherche ». Une boutade populaire longtemps appliquée au Burkina Faso mais qui tend de plus en plus à être démentie.

Abdoul Rafat Ouédraogo, le  fabricant de la voiture solaire © Burkina 24

Au Burkina  Faso, ce ne sont pas les initiatives innovantes qui manquent. Les cerveaux tournent à plein régime. Ils ne sont peut-être pas assez mis en lumière. Pas assez encouragés. Il suffit de lire la presse. Il y a quelques années, alors qu’il était en classe de Terminale, un  jeune burkinabè, Abdoul Rafat Ouédraogo,  a fabriqué une voiture fonctionnant à l’énergie solaire et automatisée. Deux ans plus tard, il s’est  fixé un autre objectif : mettre en place une éolienne. Ces projets ont réussi avec plus ou moins de bonheur. Mais il n’y a pas eu grand soutien pour l’aider.

Ailleurs, des jeunes, les frères Sanfo, ont réussi la prouesse de transformer des déchets plastiques en carburant. Du carburant qu’ils utilisent pour produire de l’énergie. En d’autres termes, une façon très écologique de concocter une matière première quasi indispensable dans la vie de l’être humain moderne : l’électricité. Mais ces « génies », à leur manière, sont délaissés dans leur coin, sans aucune initiative pour les aider.

Et tout récemment, une chercheuse, Dr Aminata Kaboré, a réussi à démontrer que l’eau sale et trouble peut être purifiée grâce à cette extraordinaire plante qu’est le moringa. Avec  un financement de 10 millions de F CFA, obtenu par le truchement hybride d’un apport étatique et extérieur, elle a mis sa technique en expérimentation à petite  échelle à Tougan.

Vouloir, c’est pouvoir

Ce sont des exemples de manifestation de génie parmi tant d’autres, qui couvent certainement sous les alcôves de l’anonymat, qu’on gagnerait cependant à mettre en exergue.

L’initiateur de la voiture solaire pourrait être placé à la tête d’un grand projet industriel, avec la grande ambition de créer la première usine de fabrication d’automobiles solaires du Burkina Faso.

Les transformateurs de déchets plastiques en carburant pourrait être associé à un autre projet de la SONABHY afin d’être la prochaine alternative à l’énergie fossile. Et aussi, le premier « purificateur » de la planète de déchets plastiques.

Pourquoi ne pas prendre le relais de la chercheuse et implanter, comme elle l’a elle-même suggéré, de petites unités de transformation d’eau potable dans les 8 000 villages du Burkina Faso ? Cela est possible, avec une entreprise de plantation à grande échelle de moringa.

Ces projets semblent utopiques. Surtout pour un pays pauvre comme le Burkina. Mais à l’époque où seuls les oiseaux volaient dans le ciel, n’était-il pas cinglé le premier homme qui a essayé de les rejoindre dans les airs ? Nous le pourrons si nous le voulons.

Abdoulaye YABRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *