Divagation d’animaux à Ouaga : Nécessité d’une prise de conscience collective

 

Le 8 août 2019, sur le Boulevard des Tansoaba, à quelque trois jours de la fête de Tabaski, un homme est sur sa moto à Ouagadougou. Perdu sans doute dans les nombreuses pensées moussées par les inévitables angoisses qui ne manquent pas aux quatre coins de la capitale, il ne voit pas les moutons qui traversent la voie. Il percute l’un d’eux. Violemment. Il tombe, inanimé. Enchevêtré avec l’animal. Ce dernier meurt sur le coup. L’accidenté, la tête ensanglantée, est secouru plus tard par les sapeurs-pompiers.

Légende : Le 8 août 2019, ce mouton a provoqué un accident sur le Boulevard des Tansoaba

Cette malheureuse scène est la conséquence de la divagation des animaux. La mairie est interpellée. Mais, il faut le reconnaître, celle-ci ne dort pas. 1895 bêtes ont été mises en fourrière par la Police municipale en 2018. Mais ce n’est guère suffisant.

Pas plus que la menace, formulée en avril 2019 par le Bourgmestre Armand Béouindé, de sévir. La délibération N°2018-165 RCEN/PKAD/CO portant révision des amendes et droits de fourrière des animaux capturés en état de divagation dans la commune de Ouagadougou, ne semble pas intimider outre mesure. Les sanctions (les amendes de divagation sont passées de 25 000 F CFA par tête et par jour 50 000 F CFA pour les bœufs, les porcs et chevaux et assimilés. Elles sont de 30 000 F CFA par tête et par jour pour les petits ruminants) ne sont pas dissuasives.

Des causes mais pas des justificatifs

Cette situation est assise sur des faits sociaux : la pauvreté, le chômage et l’héritage familial.  La ville a englouti des zones jadis réservées au pâturage. Les habitants sont devenus citadins. Leurs animaux aussi.

Conséquence de tout ceci, les habitants empruntent les voies publiques. Leurs animaux aussi. Il est difficile d’aller dire à une personne qui nourrit sa famille avec ces bêtes ou qu’elles constituent son assurance de pouvoir faire face aux coups durs, de s’en débarrasser.

Mais la loi, c’est la loi. On ne peut pas sauver sa vie en mettant en danger celle des autres.

Il faudra donc une prise de conscience collective. Que les citoyens qui veulent faire de l’élevage au mépris de la loi, le fassent, mais au moins en cantonnant leurs animaux chez eux.

Il faudra ensuite que la municipalité soit plus ferme envers les propriétaires. Car lorsque les proches de cet homme blessé apprendront qu’il a été catapulté sur l’asphalte par un mouton, leur premier réflexe sera de lever un regard déçu vers le garant de leur sécurité.

A.Z

 

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