Koudougou : La corvée d’eau demeure omniprésente

Garantie par la Constitution, chaque citoyen burkinabè a droit à l’eau potable. Cette eau doit être accessible au plus à 1000m du domicile de l’habitant ou du ménage, disponible (au moins 20 litres par personne et par jour) et enfin de qualité. C’est loin d’être le cas à Koudougou, 3e ville du Burkina Faso, située dans la région du centre-ouest, à 90 km de la capitale Ouagadougou.

La problématique d’accès à l’eau potable reste une question majeure au sein des préoccupations des populations de Koudougou. D’emblée les zones nouvellement loties des secteurs n° 05, 06, 09 et 10 ne bénéficient pas des services de l’Office Nationale de l’Eaux et de l’Assainissement (ONEA). Les habitants de ces zones font plus de 1000 m quotidiennement à la recherche de la boisson vitale.

Pour le reste de la ville, les coupures intempestives d’eau au-delà de 24 heures dans certains secteurs sont habituelles. Du témoignage d’une habitante du secteur n° 05, « pendant la période de la chaleur, nous avons passé presque un mois sans eau dans nos robinets ». Une autre,  indique que « même dans cette période d’hivernage, on est obligé de se réveiller tard dans la nuit pour guetter la venue de l’eau dans nos robinets ». La disponibilité permanente de l’eau potable devenue un rêve, sa qualité est  aussi un espoir. « La qualité de l’eau est douteuse, c’est par manque de choix que nous buvons cette eau. Plusieurs fois elle est de couleur rougeâtre » affirme monsieur Zongo, enseignant domicilié au secteur n° 09 de la ville. Alors que la fourniture de l’eau potable, de manière équitable et durable à la population est une obligation pour l’état.

Couleur rougeâtre de l’eau, photo prise au secteur 09, 13 juillet 2019

Face à ces manquements aux droits de la population à l’eau potable, accessible, disponible  et de qualité, la section du Boulkiemdé de l’Organisation Démocratique des Jeunes (ODJ) avait donné de la voix l’an dernier. L’ODJ a organisé un meeting d’interpellation devant les locaux de la direction régionale de la nationale des eaux (ONEA) en mars 2018. Des engagements d’amélioration de la fourniture d’eau  dans la cité du cavalier rouge ont été pris , mais force est de constater que la fin de la corvée d’eau n’est pas pour bientôt .

Images du meeting de l’ODJ devant les locaux des services de l’ONEA, Mars 2018

Le Président du Faso s’est engagé pour la réalisation de la vision « zéro corvée d’eau » d’ici 2020 par l’accès à l’eau potable de 100% en milieu urbain et rural. À 15 mois de la fin de son mandat, il reste beaucoup à faire dans la commune de Koudougou pour l’atteinte de cette vision.

 L’inventaire national des ouvrages d’approvisonnement en eau potable (Mars 2018) affiche un taux  d’accès à l’eau potable de 71% pour la commune de Koudougou, de 72,7% pour la province du Boulkiemdé et de 75% sur l’ensemble de la région du centre-ouest. Toutefois, le fossé de disparité entre ces taux et la réalité du terrain est assez profond, car il y a respect des droits humains  à l’eau potable que  lorsque cette ressource est accessible, disponible en quantité et en qualité et de manière durable. À ce jour les coupures intempestives d’eau dans la ville constituent à elles seules  une violation grave de ses droits au Burkina et éloignent surtout   de l’atteinte de la vision « Zéro corvée d’eau » présidentielle.

                                                                                                                                  Harouna S. DRABO

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