Accès à l’eau : les femmes de Nioko 2 risquent leurs vies pour l’or bleue

Nous sommes le 13 Août 2019 et il était environ 12 h quand je suis arrivé à la borne fontaine située à NIOKO II, à 500 m de la passerelle pour piétons, sur le côté gauche de la route de Ziniaré en sortant de la ville de Ouagadougou. J’étais choqué de constater comment les femmes risquaient leurs vies en traversant cette voie goudronnée reconnue pour son fort trafic, avec leurs barriques dans l’espoir d’avoir un peu d’eau pour le bien-être de leurs familles.

 

Des femmes qui traversent la voie goudronnée à la recherche de l’eau.

C’est après m’être approché auprès d’elles pour me renseigner sur la raison d’un tel phénomène que j’ai découvert que la plupart de ces femmes venaient du côté Est des non lotis de BASSNERE à NIOKO II souvent appelé BOLGUEI, et que dans cette zone il n’existe qu’une seule borne fontaine fonctionnelle. Et très souvent il y a des coupures d’eau.  Ce qui les oblige à faire près de 3 Km et traverser le goudron afin d’avoir de l’eau.

 

La borne fontaine de destination des femmes qui traversent la route pour s’y rendre. Elles l’ont nommée ‘’la fontaine de SORPORE’’ (derrière la route).

Tiqué par cette situation, j’ai décidé de me rendre personnellement à BOLGUEI afin d’en avoir le cœur net. Arrivé à la fontaine de BOLGUEI, j’ai rencontré des femmes qui étaient ravies de pouvoir parler de ce qu’elles endurent chaque jour afin d’avoir de l’eau.

Dans leur zone il y a deux pompes manuelles séparées par une distance d’environ 1 Km. Michael OUEDRAOGO, le gérant de la pompe à eau (communément appelé Koom Naaba en langue mooré), a essayé de m’expliquer la situation. Pour lui, le véritable problème de BOLGUEI est le manque de bornes fontaines.

Les habitants sont nombreux dans cette partie des non lotis et il n’y a que deux pompes. L’affluence au niveau des pompes rend difficile l’accès en eau. Certaines femmes peuvent attendre toute une journée sans que leur  tour de se servir n’arrive. C’est pourquoi la plupart préfère parcourir ces longues distances et traverser le goudron pour aller se ravitailler.

A ALSOUMA qui est une localité proche de BOLGUEI, il y a 5 pompes dont 4 fonctionnelles, la 5e pompe vient d’y être installée alors qu’à BOLGUEI, il n’y a que 2 pompes avec tant d’habitants. Cette partie de la population se sent délaissée en ce qui concerne leur accès à l’eau potable et souhaiterait que l’on puisse remédier à la situation le plus vite possible.

La borne fontaine manuelle de BOLGUEI située derrière l’école BASSNERE de NIOKO II. Beaucoup, lassés d’attendre, ont abandonné leurs bidons pour vaquer à leurs occupations.

 

Les femmes présentes sur les lieux m’ont expliqué qu’elles n’ont pas le choix. Pour elles, c’est soit venir s’aligner à leur pompe manuelle pendant de longues heures ou aller à BORGO, ou jusqu’au péage ou encore à SORPORE (derrière la voie goudronnée) pour chercher de l’eau. Ceci  est  un tableau bien triste mais c’est bien ce qu’elles vivent tous les jours. Le problème d’eau est très crucial dans cette zone, surtout en période de chaleur.

 

Les femmes, épouses et mères de NIOKO II, traversent chaque jour cette voie très pratiquée, en poussant des barriques d’eau qu’elles arrivent à peine à déplacer. Non seulement elles risquent leurs vies sur cette voie goudronnée, mais encore elles poussent ces barriques d’eau sur une distance d’environ 3 Km jusque dans les non lotis de BASSNERE, devant braver le très mauvais état des pistes en ce temps de pluie.L’accès à l’eau potable est un droit fondamental de l’être humain et des mesures doivent être prises incessamment afin que ces femmes aient suffisamment des bornes fontaines près de chez elles pour qu’elles ne risquent plus leurs vies sur les voies goudronnées dans la quête de l’eau.

Cheik Abdoul Kader RABO.

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