Malades mentaux : les autres grands oubliés de la société et de l’Etat

Stigmatisés, rejetés et parfois violentés, les malades mentaux, un groupe socio spécifique très vulnérable, sont victimes de plusieurs formes de violences dans notre société sous le regard impuissant de l’Etat et les organisations de défense des droits humains. Des mesures ou actions à même de protéger la dignité de ces personnes et assurer la tranquillité des populations qui sont souvent victimes de leurs comportements se font encore attendre.

La dignité humaine est un droit inaliénable que l’Etat doit tout mettre en œuvre pour garantir aux citoyens et pour cela on peut compter sur les organisations de la société civile qui œuvrent dans le domaine de la défense des droits humains pour interpeler ou rappeler sur le respect de ce principe combien fondamental. Cependant, certaines composantes des groupes socio-spécifiques notamment les malades mentaux abusivement appelés « fous ou folles » semblent être oubliés dans la politique de protection.

Ces personnes marginalisées dont nombreux ont élu domicile dans la rue, sur les dépotoirs ou dans les caniveaux sont sérieusement oubliées et laissées à la merci de personnes malintentionnées qui parfois les violentent, les violent ou dans le pire des cas , les tuent.

Elles sont nombreuses ces malades mentales à porter des grossesses dont les auteurs sont des personnes normales ayant par moment un bon rang dans la société. Si certains enfants des malades mentales sont récupérés et placés dans les centres d’accueil pour enfant en détresse (CAED) ou encore orphelinats d’autres grandissent avec elles dans le risque et la vulnérabilité.

Image d’illustration d’une malade mentale, mère d’un enfant

Les moins agités sont souvent bien traités par des personnes bien, les plus agités eux sont violentés, ligotés avec pour conséquences les maladies, la mort. Malheureusement, il n’y pas une politique assez visible de prise en charge de ces personnes malades mentales qui n’attirent les autorités que si la tranquillité des populations est menacée. Les rares centres de prise en charge sont non étatiques et se rabattent sur les partenaires extérieurs pour fonctionner. Le soutien de l’État se fait encore attendre. Le centre psychiatrique de l’Hôpital Yalgado et le Trypano de Bobo-Dioulasso fonctionnant comme la plupart des services de l’administration publique, n’ont pas d’accompagnement. Les malades mentaux errant sans parents connus ne sont pas les bienvenus puisque les centres exigent au moins un accompagnateur et bien sûr la prise en charge des frais d’ordonnance.

Les mairies qui sont censées assurer la quiétude de la population dans leur majorité ne prévoient pas une ligne budgétaire pour la prise en charge de ces personnes. Même le ministère de la santé a mis au second plan le cas de ce groupe spécifique. Il est vraiment difficile de trouver vingt (20) agents de santé mentale dans tous les centres de santé du Burkina. Ce qui oblige certains parents à effectuer de très longues distances avec tous les risques pour trouver les médicaments qui coûtent chers afin de stabiliser le malade.

Un malade mental violenté par une foule qui l’avait pris pour un voleur de plaque solaire

Comme les centres d’éducation spécialisés, l’État avec l’accompagnement de l’Association des Municipalités du Burkina Faso (AMBF) doit mettre les moyens pour la construction d’au moins 45 centres psychiatriques dans les 45 provinces avec la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire (santé, action sociale, droits humains, OSC…) à même de prendre en charge les malades mentaux errants qui mettent parfois en mal la quiétude des populations. Les associations et ONG peuvent être mises à contribution avec le soutien ou la subvention de l’Etat car la plupart d’entre eux ont juste besoin d’un minimum pour retrouver la santé.

El Bach             

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *