Éducation nationale : le spectre d’une année perturbée

Les enseignants et les élèves vont se retrouver dans quelques jours pour entamer l’année scolaire 2019-2020. Comment faire en sorte que l’année scolaire ne soit pas aussi jalonnée par des mouvements d’humeur que les deux précédentes ? Telle est la principale préoccupation du gouvernement concernant le secteur de l’éducation.

Ph d’illustration : une marche des travailleurs de l’éducation le 18 avril 2019 à Ouagadougou

Les deux dernières années scolaires ont été fortement perturbées par de longs mouvements sociaux des personnels de l’éducation sous la houlette de la Coordination nationale des Syndicats de l’Éducation (CNSE). Les résultats scolaires ont de ce fait été fortement impactés notamment l’année dernière c’est à dire en 2018, où, ils étaient particulièrement mauvais.

Cette année scolaire 2019-2020 encore, les ingrédients sont plus ou moins réunis pour que l’année connaisse de fortes perturbations.  Les reliques des mouvements passés ne sont pas loin. En effet, jusque-là, le fameux statut n’est pas encore adopté en Conseil des ministres. Cela, alors que la partie gouvernementale s’était engagée à l’adopter dans les deux semaines qui suivaient l’accord de mai 2019.

Aussi, le constat de l’effet financier des luttes antérieures n’est pas non plus effectif chez bon nombre d’enseignants. À ce sujet, l’un des syndicats a déjà donné le ton en écrivant un courrier au ministre dans lequel il égrène un chapelet de mesures dont l’effectivité se fait toujours attendre.

 

De la question du redéploiement des enseignants

Au lieu de s’atteler à la recherche des solutions pour l’accélération de la mise en œuvre des engagements gouvernementaux envers les enseignants, le ministre de l’éducation  Stanislas Ouaro a ouvert d’autres fronts. Il s’agit notamment de celui du redéploiement des présumés sureffectifs d’enseignants dans les centres urbains. Accompagnatrice au départ, la CNSE, regroupement des principaux syndicats du ministère, a quitté le processus avant son terme estimant que le ministre ne respecte pas un certain nombre de normes : un enseignant pour 50 élèves au primaire, 60 au secondaire et 70 au post-primaire. Ces trois éléments réunis n’augurent pas d’une année scolaire paisible.

 

Une petite lueur éclaircit cependant cette pénombre d’avant rentrée scolaire : ce sont les mesures prises pour opérationnaliser le trousseau pédagogique promis aux enseignants en classe. Le ministre Ouaro a en effet pris le taureau par les cornes en ordonnant des coupes budgétaires dans les programmes du ministère. Aussi a-t-il  adopté un arrêté pour encadrer ledit trousseau. Seulement cela suffira-t-il pour apaiser les faucons des structures syndicales de l’éducation nationale ?

 

Idrissa Sambaré

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