Insurrection populaire : 5 ans après, où en est le Burkina Faso?

Il y a de cela 5 ans qu’une insurrection populaire avait obligé le président Blaise Compaoré à quitter le pouvoir  après 27 ans de règne. Les aspirations du peuple insurgé étaient multiples : instauration d’une bonne gouvernance, mettre fin à l’injustice et aux inégalités sociales, améliorer l’employabilité des jeunes etc. 5 ans après, où en est le Burkina Faso? C’est la question centrale à laquelle le panel organisé par l’institut Free Afrique essaie de répondre. Les échanges se sont déroulés autour du livre « Insurrection inachevé » du biographe de Thomas Sankara, Bruno Jaffré. À ses côtés, le Professeur Mahamadé Sawadogo, enseignant de philosophie morale et politique à l’université Ouaga 1 ; Abdoulaye Diallo, coordonnateur du Centre National de Presse Norbert Zongo et modéré par le journaliste Salouka Boureima.

 

Vue partielle des participants au panel

« L’insurrection elle-même est une réussite (…) mais aux lendemains, les anciens amis de Blaise Compaore sont revenus au pouvoir. C’est la preuve qu’elle n’a pas été achevée » affirme Bruno Jaffré. Pour lui, la situation créée par l’insurrection n’a été préparé par personne, « il y avait un manque de perspective politique » précise l’auteur du livre.

Un avis que le Pr Mahamadé Sawodogo ne partage pas. « Les politiciens savaient ce qu’ils faisaient et ce qu’ils voulaient » explique-t-il. À l’écouter, les politiciens avaient leurs agendas cachés et se sont servis des organisations de la société civile pour les atteindre.

Les panélistes

Le coordonnateur du Centre National de Presse Norbert Zongo analyse dans le même sens que Bruno Jaffré.  Il trouve  que la situation n’a pas été prévue, «  Je ne crois pas que le 30 Octobre, il y avait un homme politique burkinabé qui savait ce qui allait se passer les jours suivant le 30 Octobre »

Par ailleurs, Abdoulaye Diallo ajoute qu’il y a eu assez d’erreurs et de manquements. « On a pas su transformer l’insurrection en un moment de départ de changement qualitatif pour le pays ». Il en appelle à l’engagement de tous les burkinabé pour l’aboutissement à un changement qui répond à leurs aspirations profondes.

« Il faut s’attendre à d’autres combats tout en tirant leçon de ce qui s’est passé » est la conviction du Pr Mahamadé Sawadogo, car souligne-t-il  «l’insurrection n’a pas répondu à toutes les attentes qui ont été à la base des luttes du peuple ».

 

Les panélistes sont unanimes que la situation actuelle du pays n’est pas reluisante. Les burkinabè doivent s’organiser pour un changement fondamental dans la manière de diriger le pays.

Harouna DRABO

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