An 5 de l’insurrection populaire:le balai citoyen s’interroge autour d’un panel!

Le 31 Octobre 2019 a eu lieu dans l’amphithéâtre du cardinal Paul ZOUNGRANA un panel sur l’an 5 de l’insurrection populaire organisé par le Ballai Citoyen sur le thème : « An 5 de l’insurrection populaire, les aspirations au changement et le devoir de redevabilité des autorités. Bilan et Perspectives. » Cet événement était une occasion pour le Ballai Citoyen de marquer un arrêt afin de d’effectuer un devoir de mémoire selon le coordinateur régional Eric Ismaël KINDA. Comme principaux orateurs nous pouvons citer le Dr Saïdou Abdoul Karim politologue, Luc Marius IBRIGA contrôleur Général de l’Etat, et Maitre  Guy Hervé KAM.

Des progrès importants à relever même si l’objectif était flou depuis le début.

Après une minute de silence observée à l’en

vue de profil des panélistes

droit des personnes tombées lors de l’insurrection et le chant en chœur de l’hymne nationale par toute l’assemblée, le panel débuta par l’intervention du contrôleur d’Etat Luc Marius IBRIGA. Pour lui ce qui a causé plus de tort au Burkinabès, c’est qu’ils ne savaient pas réellement quel type de changement ils voulaient opérer après l’exil de l’ex président Blaise Compaoré. Les pressions internationales au vue de l’organisation rapide d’élections y aidant, la Transition n’a pas eu assez de temps afin de pouvoir définir définitivement les bases d’une émergence totale pour le Burkina. Cela est par ailleurs l’une des principales raisons qui ont empêché à l’époque la ratification du rapport général de la commission de la réconciliation nationale et des réformes (CRNR) intitulé ‘’les voies du renouveau’’, rapport qui offrait une feuille de route sure, basé sur nos réalités socioculturelles, utile pour toute bonne gouvernance. Pour le Dr Saïdou Abdoul Karim, l’élaboration des programmes politiques en fonction de ce rapport aurait été des plus salutaires pour le pays des hommes intègres, mais malheureusement le temps a manqué pour qu’il soir promulgué. Malgré tout nous pouvons nous féliciter d’avoir obtenu certaines victoires historiques à savoir l’adoption de la loi 04/2015_CNT portant sur la corruption et sur le délit d’apparence. Aujourd’hui les gouvernants se sont fait à l’idée qu’ils doivent rendre compte au peuple, ce qui n’était pas le cas avant la transition.

L’insurrection populaire des 30 et 31 Octobre : échec ou succès ?

les participants tous debout entonnent l’hymne nationale

Sur la question de savoir si l’insurrection n’a pas été un échec, les panélistes sont unanimes : l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 a porté ses fruits. En effet, ce pourquoi les populations sont sorties, notamment le renforcement de la démocratie par le refus de la modification de l’article 37 nous l’avons obtenu et cerise sur le gâteau, nous avons obtenu non seulement le départ de Blaise Compaoré, mais aussi des transformations importantes à travers toutes les lois qui ont été votées par le CNT. Pour Me Guy Hervé KAM le Burkina a aujourd’hui tous les ingrédients pour être un pays où il fait bon vivre. Le seul problème persistant serait peut-être la qualité des hommes pour mettre en marche la machine des textes au profit des populations affirme t-il, avant de conclure en martelant : « on peut avoir du regret, mais il faut voir le verre à moitié plein ».

La nécessité de revoir les politiques non adaptées à nos réalités

Pendant son intervention, Maitre Hervé KAM a dégagé quelques démarches stratégiques qui selon lui pourraient permettre au Burkina Faso d’entrer dans l’émergence tant attendue. En effet il dit que pour y arriver nous devrons être en mesure de répondre à ces trois questions fondamentales qui sont : Qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Et Comment faire pour y arriver ? A sa première question de répondre qu’actuellement le Burkina Faso est caractérisé par une pauvreté sévissante, les inégalités sociales, une insécurité florissante et enfin, l’application de plans de développement qui ne sont pas forcément adaptés à nos réalités. Pour remédier à ces problèmes Maitre Guy Hervé KAM propose un certain nombre de solutions à savoir une bonne gouvernance axée sur le social, la réforme du système éducatif, la justice sociale, la solidarité nationale, le respect des droits des libertés (d’expression, d’opinion), l’implication des jeunes, etc.

Impliquer les jeunes afin de lutter efficacement contre l’insécurité

Enfin sur les questions d’insécurité il ressort que le principal problème est que la jeunesse est mise de côté. Pour près de 75 % de la population composée de jeunes, la jeunesse demeure sous représentée dans les sphères de prise de décision, les panelistes ont par ailleurs invité le gouvernement à se démarquer de la pratique de la démocratie formelle afin d’embrasser la démocratie substantielle, c’est-à-dire celle qui prend tout le monde en compte.

Cheik Abdoul Kader RABO

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