5e RGPH : Des agents recenseurs se forment dans des conditions difficiles

Les différents chefs-lieux de provinces abritent depuis le lundi 28 octobre 2019 la formation des agents recenseurs (AR) dans le cadre du 5e RGPH (Recensement Général de la Population et de l’Habitation). Cette formation qui va s’étendre sur deux semaines et assurée par des Délégués Communaux (DC), appuyés dans certaines localités par des formateurs complémentaires, devait permettre aux futurs enquêteurs, à travers la méthode de porte—à-porte, de recueillir des informations auprès des ménages. Même si des incidents n’ont pas encore été expressément signalés, il convient de noter que l’organisation de ce 5e RGPH, notamment en sa dernière étape, rencontre des difficultés qui méritent d’être corrigées.

(Ph. INSD) Les agents recenseurs écoutent attentivement la délégation conduite par le Haut-commissaire du Boulkièmdé

C’est bien connu par tous les Burkinabè. L’INSD (Institut national de la statistique et de la démographie) s’affaire depuis plusieurs mois dans l’organisation du 5e RGPH, un recensement général très important qui visera à mettre à jour la photographie de l’habitation et de la population burkinabè.

Après la phase pilote de 2018, le réglage et le test des applications, place maintenant à l’opération proprement dite. C’est dans ce cadre que la formation des agents recenseurs a commencé le lundi 28 octobre 2019 pour une durée de deux semaines. Si l’exécution des tâches liées à cette opération jusque-là n’a pas encore rencontré des difficultés majeures, il convient de signaler que le recrutement des agents recenseurs et leur formation continuent de faire grincer les dents. Même si la question des fonctionnaires qui voulaient participer à l’opération a été définitivement tranchée par l’INSD et le ministère de la fonction publique, la formation, elle, continue de faire du bruit avec des agents recenseurs presque surpris par le traitement qui leur est réservé.

Plus d’une semaine après le début de la formation, les agents recenseurs attendent encore les prises en charge de la formation. La majorité des agents retenus sont des élèves et étudiants, dont certains ont abandonné momentanément les amphis pour le travail. Les maintenir pendant une semaine sans accompagnement dénature la formation et pose visiblement un problème de concentration qui aura sans doute un impact sur le résultat à atteindre.

Les conditions qui ne favorisent pas l’apprentissage …

La formation qui a commencé le lundi 28 octobre 2019, ne prend pas en compte l’hébergement, ni les pauses cafés encore moins les déjeuners des agents à former. Et comme elle doit se dérouler seulement dans les chefs-lieux de provinces, certains agents retenus ont dû faire des déplacements de plusieurs kilomètres pour s’y  rendre et,  à défaut d’avoir des parents chez qui loger, ils vont devoir louer des maisons durant le temps de la formation ou encore dormir sur les sites qui abritent la formation.

Parmi ces agents retenus figurent, il faut le rappeler, des femmes allaitantes. Pour une enquête aussi sérieuse comme le RGPH, des conditions devaient être prises au préalable pour minimiser ces morosités quand on sait que les principes fixés sont contraignants et ne donnent aucun choix aux participants, si ce n’est d’être présents. Des informations administratives, outre les 43 000 FCFA de la formation et les 225 000 F CFA ou 250 000 F CFA du travail terrain, pouvaient clairement être déclinées dans le communiqué de candidature, notamment la restauration, l’hébergement et la disponibilité des comptes mobile money qui portent les identités des agents.

Par exemple, une absence de 3 heures entraine le remplacement de l’agent, les retards, eux, retranchent les points. Pour cela,  deux appels sont effectués au cours de la journée : le matin avant le début des travaux et à 13 h après la pause. Les participants sont soumis aux évaluations qui permettront de retenir les contrôleurs de Zones mais aussi d’éliminer certains agents. A cela s’ajoutent les problèmes de salles de formation et les retards dans la transmission du matériel qui devait servir à la formation. Pour une institution qui regroupe des statisticiens et des démographes, la planification de la présente édition ne devait pas constituer un problème majeur ou du moins les ratés pouvaient être minimisés.

Des agents recenseurs désertent les salles de formation.

Las d’attendre la moitié de leur prise en charge, les agents recenseurs ont trouvé comme solution le boycott de la formation. Depuis le samedi 2 novembre 2019 dans certaines localités notamment Tenkodogo, Gaoua, Boromo, Dano, les participants à la formation ont décidé d’attendre le paiement de leur prise en charge avant de poursuivre la formation. Un boycott qui va sans doute s’étendre aux autres localités si rien n’est fait.

Les participants ont déserté les salles de formations à Boromo dans la province des Ballés

Au-delà des objectifs que l’Etat et l’INSD se sont fixés, cette opération devait être une manière d’occuper la jeunesse et non de l’exploiter quand on sait que le gros travail revient aux agents recenseurs qui vont passer au peigne fin tous les coins et recoins du pays pour s’assurer que tous les Burkinabè vivants au Burkina ont été recensés. Leur motivation devait être un reflex dans toute planification. A l’entame de la dernière étape importante de l’opération, il convient donc de prendre en compte les difficultés qui remontent afin de garantir un succès au 5e RGPH.

 El Bach

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