Secteur industriel du Burkina Faso : S’est-on trompé de plan ?

Ce lundi 18 Novembre 2019 a eu lieu à Koubri, un déjeuner de presse pour le lancement de ‘’la semaine de l’industrie Burkinabè et de la journée de l’industrialisation de l’Afrique’’.

Le ministre de l’industrie Harouna KABORE prononçant son mot liminaire face à la presse

Lors de cette activité, il était essentiellement question de faire connaitre à la presse les actions menées par le gouvernement pour le développement du secteur et les perspectives. Etant à sa seconde édition cette activité avait pour thème « promotion d’une industrialisation durable en Afrique de l’ouest : quelle place pour l’industrie burkinabè dans le développement des chaines de valeurs sous régionales ». Le Ministre de l’Industrie Harouna Kaboré a prononcé un mot liminaire dans lequel il a expliqué le contexte dans lequel  une telle activité est née et les objectifs qui sont recherchés.

Au cours de son allocution, il ressort que les actions de son ministère de tutelle sont orientées par l’axe 3 du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) et fondées sur la mise en œuvre de la stratégie nationale d’industrialisation du Burkina Faso adoptée en avril 2019 et lancée officiellement le 22 Juillet 2019 à Ouagadougou. Cette Stratégie nationale d’industrialisation s’inspire à son tour de la vision de la politique sectorielle de transformations industrielle et artisanale (PS/TIA), qui garantit qu’ « à l’horizon 2023, le Burkina Faso dispose d’un secteur industriel dynamique, compétitif et durable qui accroit sa contribution à la transformation structurelle de l’économie nationale ».

Visite guidée du ministre de l’industrie dans une unité de transformation des jus DELICIO à Koubri juste avant le déjeuner de presse

 

Un secteur industriel qui semble en pleine forme

On aurait tort de ne pas constater que de nombreux progrès ont été notés dans le secteur industriel burkinabè, à savoir la création de la brigade mobile de contrôle économique et de la répression de la fraude qui a permis la saisie et la destruction de plusieurs tonnes de produits non réglementaires.

Il y a aussi la récente suspension temporaire de délivrance des autorisations spéciales d’importation d’huile alimentaire et de sucre et le décret N°2018-0860/PRES/PM/MCIA/MINEFID, fixant la liste des produits soumis à autorisation spéciale d’exportations. Ces excellentes mesures ont énormément permis de réglementer le secteur industriel, de promouvoir les consommations locales de et mettre en avant les petites et moyennes industries (PMI) burkinabè.

Le ministre de l’industrie a mentionné comme perspectives pour le secteur, la certification de 100 produits « prioritaires » pour le Burkina Faso avec apposition de la marque NBF  et l’initiative « Made in Burkina » dont le but est de mettre en place un processus permettant d’identifier les produits burkinabè sur un marché donné afin de mettre le consommateur en confiance. Le Ministre Kaboré a enfin invité à l’engagement de   « toutes les parties prenantes » à travailler en synergie afin de réaliser  le déf commun qui est de faire du Burkina Faso un pays industrialisé d’ici à 2023.

Le PNDES non pris en compte comme élément exclusif de mesure de performance du gouvernement.

Cependant, même si la situation du secteur industriel du Burkina est dépeinte de manière reluisante par le Ministre de l’industrie, il n’en demeure pas moins que la gouvernance actuelle a accusé un échec cuisant si l’on se rapporte au document de référence à son PNDES (2015-2020).

En effet, il y est mentionné au paragraphe 5 de la page 6 que les objectifs attendus par la mise en œuvre du PNDES d’ici 2020 sont, entre autres, « l’émergence d’une économie moderne basée sur (…) des industries de transformation et de services de plus en plus dynamiques, permettant de réaliser un taux de croissance économique annuel moyen de 7,7% et créatrice d’au moins 50 000 emplois décents par an » ; les chiffres étant loin d’être une réalité aujourd’hui. 

Cela est-ce dû à la situation sécuritaire que vit le Burkina depuis 2015 ou aux remaniements permanents du gouvernement constatés depuis ?  Les raisons d’un tel échec méritent d’être élucidées dans les brefs délais afin de trouver des solutions et de rectifier le tir pour des actions moins spéculatives et plus concrètes pour l’épanouissement du secteur.

Cheik Abdoul Kader RABO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *