Assainissement au Burkina Faso : 85 % de dépotages sauvages en 2019

Dans les objectifs stratégiques 2.5 de l’axe 2 du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) prévoyant l’amélioration du cadre de vie, l’accès à l’eau et à l’assainissement, un certain nombre de progrès remarquables dans ce domaine étaient prévus d’ici 2020. Notamment il était prévu d’améliorer considérablement l’assainissement, en portant son taux de 18% en 2015 à 34% en 2020, ce qui permettrait d’offrir un ‘’assainissement de qualité’’ aux populations et par conséquent leur offrir un cadre de vie plus décent.

Le souci est que dans le PNDES, la

De droite à gauche : M. Sédogo Sonmaila, secrétaire général adjoint de l’association des vidangeurs (mécanique) du Faso et M. Alidou Bandé, Président de l’Association des vidangeurs mécaniques.

notion d’assainissement est assez vague et ne cite pas expressément certaines actions importantes dans ce domaine comme la gestion des boues de vidanges dans les villes du Burkina. Peut-on parler d’assainissement sans parler de la gestion efficace des excrétas ?

En effet la gestion des boues de vidanges pose de plus en plus de problème en fin 2019. Il y a un manque criard de sites autorisés de gestion de boue de vidange sur l’étendue du territoire burkinabè. A Ouagadougou,  il n’y a que 3 contre un seul pour la ville de Bobo-Dioulasso. La conséquence immédiate est que ces unités de traitement sont vite débordées, occasionnant, par manque de solutions palliatives, des dépotages sauvages qui sont un danger pour l’environnement et la santé de la population.

’Il y a souvent des pannes au niveau des quelques sites de traitement autorisés, stoppant ainsi les opérations d’évacuation, pourtant les boues de vidange sont produites chaque jour ‘’ affirme Sédogo Sonmaila, Secrétaire Général Adjoint de l’Association des Vidangeurs (mécaniques) du Faso.

Opération de Vidange mécanique dans le  quartier de Patte-d’oie à Ouagadougou

 Résultat, 85% des boues de vidange sont déversées dans les champs et les rues et seulement 10 % des 15% restant arrivent le plus souvent à être traitées par les sites autorisés. Et cela, par manque de place ou d’opérationnalité de ces sites 5% des boues de vidanges censées être traitées sont aussi dépotées sauvagement. 

Vu la situation, quelque chose doit au plus vite être fait pour y remédier.C’est une bombe sanitaire à  retardement pour le cadre de vie des populations.

Des sites de transits aménagés pour la gestion des boues de vidanges doivent immédiatement être mis en place afin de desservir les villes, le temps que de nouveaux sites autorisés soient créés pour répondre à la forte demande en assainissement.

‘ « C’est le manque d’endroit pour dépoter qui pose problème pour les vidangeurs manuels »,  déclare M. Alidou Bandé, Président de l’association des vidangeurs manuels.

Le Burkina a pourtant ratifié des conventions et des accords avec des engagements en termes d’accès à l’assainissement. Il se doit alors de prendre à bras le corps ce défide l’assainissement afin d’assurer au peuple burkinabè le droit constitutionnel à un environnement sain (article 29).

Cheik Abdoul Kader RABO

Blogueur Socioculturel.

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