Journée mondiale de l’apprentissage : Le Burkina fait mauvaise impression

Le 17 Octobre 2019 était la journée mondiale de l’apprentissage. A cette occasion, les différents acteurs du milieu éducatif de chaque pays d’Afrique, dont le Burkina Faso, sont réunissent  dans la salle de vidéo conférence de la Banque mondiale de leurs pays respectifs. Il était question ce jour-là d’effectuer par vidéo conférence un rapport continental sur l’état des lieux en matière d’apprentissage dans les différents pays d’Afrique. Chaque pays, à tour de rôle, a eu l’occasion de s’exprimer sur ses réalités en matière d’accès à l’apprentissage de qualité, les difficultés rencontrées et des propositions de solutions.

Les participants à la vidéo conférence dans les locaux de la Banque mondiale à Ouagadougou

 

Selon le rapport sur le développement dans le monde en 2019, il est dit que près de 86 % des élèves des pays d’Afrique subsaharienne dont le Burkina Faso ne possédaient pas les acquis de base en lecture et en calcul.  Il y a souvent confusion entre la scolarité et l’apprentissage car, la scolarisation n’est pas synonyme d’apprentissage. Plus de la moitié des élèves et des centaines de millions d’enfants ne savent pas lire ou écrire alors qu’ils sont allés à l’école. Ceci évoque plutôt la question de la qualité des enseignements et des outils mis à la disposition des enseignants afin d’accomplir leur mission. Il convient de noter que même si les problèmes liés à l’apprentissage sont relativement les mêmes partout en Afrique, le cas du Burkina s’est révélé des plus critiques notamment à cause de l’insécurité grandissante et des politiques publiques.

 

Burkina Faso, un bilan très négatif dans le domaine de l’apprentissage.

Les participants à la vidéo conférence dans les locaux de la Banque mondiale à Ouagadougou

Quatre ans après la mise en œuvre d’un PNDES (Programme national de développement économique et social) qui vise à ne laisser personne de côté, voici les problèmes qui ont été énumérés comme frein à un bon apprentissage au Burkina Faso. Il est ressorti, entre autres, la mauvaise adaptation du modèle d’enseignement du primaire à nos réalités socioculturelles, le manque de formation des enseignants, le manque d’établissements en provinces, la mauvaise prise en charge des enseignants dans les établissements publics en province, le manque de matériel adapté pour les enseignants et enfin l’insécurité qui est un grand obstacle pour l’apprentissage.

 

Cependant dans les objectifs stratégiques 2.2 de l’axe 2 du PNDES (développer le capital humain), l’accent était mis sur l’accroissement de la qualité de l’éducation d’ici 2020, qualité indispensable pour un bon apprentissage. Dans ce contexte, il semble qu’à un an d’échéance, la mise en œuvre de cet objectif soit un échec, vu tous les problèmes récurrents cités plus haut. En effet, à part quelques timides réalisations dans le domaine de l’éducation, il n’y a pas de réel progrès.

Il convient alors qu’au plus vite des mesures soient prises afin de contrôler prioritairement le phénomène d’insécurité et de rouvrir les écoles fermées dans les zones à risque. Ainsi cela permettra aux milliers d’élèves déscolarisés par cette situation de rejoindre les classes et aux enseignants de reprendre les cours.  Dans les zones stables, il est proposé l’octroi de formation régulière et de matériels didactiques aux enseignants afin qu’ils relèvent au mieux le défi qui est le leur.

Cheik Abdoul Kader RABO

Blogueur Socio-culturel

 

 

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