Droits des personnes handicapées : de beaux textes dans les tiroirs

Le Burkina Faso est passé maître dans la ratification et la production de textes réglementaires en droits humains. S’il faut s’en féliciter de disposer d’un arsenal juridique fourni, force est de constater que la mise en œuvre des droits afférents laisse à désirer.

C’est le cas par exemple des droits des personnes handicapées où les intentions, annoncées au sommet, dorment très souvent dans les tiroirs. Avant de lister ces obstacles qui accentuent la souffrance des personnes handicapées, familiarisons-nous avec les notion clés de ce statut.

 

Comprendre le handicap…

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le handicap est « la résultante entre les déficiences physiques, sensorielles mentales ou psychique entrainant des incapacités plus ou moins importantes, qui sont renforcées en raison d’un environnement inadapté ou inaccessible ».

l’article premier de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CPDH), entend par « personnes handicapées, on entend des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ». Au Burkina Faso, on en dénombrait 168 094 personnes handicapées lors du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) en 2006 soit 1,20 % de la population totale. De ces données, on note qu’il y avait :

  • 47,3 % de femmes contre 52,7% d’hommes ;
  • 19,5% des personnes handicapées avaient moins de 15 ans et 50% ont moins de 40 ans.

En 2011, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avec une population totale estimée à 19 632 147 habitants, la prévalence du handicap était évaluée à 13,9% de la population burkinabè, ce qui donne environ 2 728 868 Burkinabè qui vivent avec une incapacité susceptible de freiner leur participation effective à la vie sociale. Qu’est ce qui explique alors que les droits de 13,9% soient bafoués ou insuffisamment mis en œuvre ?

Impliquer les acteurs déconcentrés…

Le Burkina Faso a ratifié en 2009, la Convention relative aux droits des personnes handicapées ainsi que son protocole additionnel dans le but de promouvoir le droit desdites personnes. Ce texte internationale va susciter la loi 012-2010/AN portant protection et promotion des droits des personnes handicapées du 1er avril 2010 avec notamment la prise du décret  de 2012-portant condition de délivrance de la carte d’invalidité en faveur des personnes handicapées au Burkina Faso du 8 octobre 2012.

Illustration égalité et équité

La loi 012-2010, qui consacre des faveurs aux personnes handicapées dans les domaines des transports, de l’éducation ou de la santé, bute sur la réticence ou la méconnaissance des dispositions règlementaires par les acteurs de mise en œuvre. Il n’est pas rare de voir des acteurs surtout au niveau déconcentré, clamer ne pas être informés sur des ‘‘prétendus avantages’’ dont les personnes handicapées seraient bénéficiaires.

Dans le domaine de la santé, des transports ou de l’éducation, les témoignages de frustrations sont légions. Il importe dès lors que la vulgarisation des textes se fasse au niveau déconcentré aussi bien pour les personnes handicapées que des gens auprès de qui, l’effectivité de leurs droits, devrait se matérialiser. Il importe aussi et surtout que le ministère en charge de l’action sociale, habilité à délivrer les cartes d’invalidité accélèrent les délais d’acquisitions de ces précieux sésames.

Afin de donner un sens à l’article 1er de la Constitution du Burkina Faso qui stipule que « tous les Burkinabè naissent libres et égaux en droit », il faut mettre en œuvre les droits de toutes les composantes de la vie sociale afin de permettre leur pleine participation au développement de la Nation.

Mindiéba

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