Jeunesse burkinabè  : Un quota jeune en cours d’imposition à l’Assemblée nationale

Les jeunes du Burkina Faso sont de plus en plus déterminés à s’impliquer dans la vie sociopolitique du pays. De part et d’autres, des associations de jeunes se créent avec des objectifs diverses. Certains se réunissent soit pour défendre une cause éthique, soit pour se créer un cadre de concertation afin de contribuer au développement du pays; d’autres, par contre, pour défendre leurs intérêts communs, ou pour se lancer en politique. Ce constat découle du fait que depuis près d’une décennie maintenant, les jeunes se sentent laissés pour compte dans les lieux de prise de décisions. Ils sont souvent ignorés quand il s’agit de prendre des décisions les concernant directement. C’est alors, une jeunesse plus que jamais mécontente de sa situation qui descendit dans les rues et conduit à l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014.

Depuis la montée au pouvoir du Président Roch Kaboré, la situation est quasiment la même.  Cette grande partie de la population qualifiée ‘’d’atout pour le développement ’’1 dans le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES-2016-2020) peine fortement à trouver ses repères. Aujourd’hui, ça et là, des grognements se font ressentir, les jeunes réclament plus de responsabilisation, et veulent faire partie du jeu politique, pouvoir orienter les grandes prises de décisions. Cela s’est traduit par l’action menée par des organisations de la société civile, comme le Balai Citoyen qui lutte depuis avril 2018 afin qu’un quota jeune de 30% soit imposé à l’Assemblée nationale(AN). Cette mesure permettrait aux 72% de la population burkinabè de se faire entendre pour une meilleure prise en compte de leurs préoccupations.

Une jeunesse qui réclame des actions fortes

Par ailleurs, le PNDES a qualifié la jeunesse burkinabè ‘’d’énorme potentialité ’’2 du pays mais déjà à deux an de son application, celle-ci  est peu représentative dans la haute classe politique, et ses préoccupations sont le plus souvent ignorées. Dans une mission consultative du Ballai Citoyen réalisée Sous une pression progressive des OSC et au plaidoyer quota jeunes, un projet de loi a été adopté en Conseil de ministre le 11 octobre 2019 portant fixation d’un quota et des modalités pour une meilleure représentation des jeunes. Cependant, cette loi manque énormément de rigueur car il n’y existe aucune mesure contraignante qui oblige les partis politiques à respecter le quota jeune.

Une veille citoyenne est plus que jamais de rigueur pour que ce projet de loi qui sera votée le 5 décembre 2019 soit adoptée en bonne et due forme. Si cela est fait conformément aux attentes de cette majorité discriminée, c’est là que cette jeunesse deviendra un véritable atout pour le développement car elle sera désormais en mesure de pleinement jouer son rôle.

 

Cheik Abdoul Kader RABO.

Blogueur socioculturel

 

1 : PNDES, page 18, dernier paragraphe.

: PNDES, page 5 (Résumé), paragraphe 3.

2 commentaires

  • Merci pour cet article. Le billet a été publié le 13 décembre alors que le vote de la loi était prévu le 05 décembre, est ce qu’elle a été votée oui ou non?
    Par ailleurs comme le billet parle de représentativité des jeunes, avez vous des informations sur les activités du parlement des jeunes ? Merci

  • Merci pour l’article. C’est intéressant. Cependant, j’ai une petite réserve quant au fait qu’il faille passer par des lois à l’AN pour imposer un quota afin que les jeunes aient des « places en politique ». Pour moi, le choix sera fait la base de compromis et dans ces conditions ; comment les jeunes pourront librement exercer et exprimer leur talent. En revanche, si ces places sont acquises par le fruit d’un travail acharné ; imposant le respect et le choix, les jeunes seront plus « légitimes ». Ces combats se gagnent sur la durée, centimètre par centimètre. Ceux qui vont l’initier et le mener ne seront peut-être pas les gagnants. Mais ils ont auront jeté les bases et formés des générations.

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