Diaspora : Timide engouement autour de l’enrôlement

Les Burkinabè de la diaspora manifestent timidement un engouement autour de l’enrôlement pour les élections présidentielles et législatives de novembre 2020. Sur un potentiel de 2 millions  la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a enregistré 14 485 inscrits à moins de 5 jours de la fin de l’opération. 

 

Le président de la CENI Ahmed Newton BARRY à la conférence de presse

‘’ Je vais enfin pouvoir participer à la vie démocratique de mon pays. J’ai pu m’enrôler et je vais voter en novembre 2020. Malheureusement, j’ai constaté qu’il y a peu d’engouement. Les équipes se tournent les pouces’’ a indiqué Silvain Zoungrana, Burkinabè résident à Paris en France que nous avons joint via Messenger. A New York aux Etats Unis, c’est le même constat fait par Lebono Sawadogo, membre du Conseil supérieur des burkinabè de l’extérieur (CSBE). Pourtant dit-il : ‘’ nous pensions que les équipes de la CENI allaient être débordées. L’information sur l’importance et la nécessité de s’enrôler a été donnée lors des rencontres de communauté. Cette semaine, je vais encore sonner la mobilisation auprès d’autres associations de Burkinabè’’.  M. Sawadogo  indique cependant qu’il pourrait y avoir de l’influence et d’engouement les derniers jours. ‘’ Les gens attendent toujours les derniers jours. Ici c’est le time is money et il faut tout programmer’’,  dit-il. C’est avec fierté et patriotisme que Drissa Compaoré, burkinabè résident à New-York dit avoir pris sa carte d’électeur. ‘’ Le jour où je suis allé pour m’enrôler, j’ai vu des Burkinabè animés de sentiment de fierté de posséder leur carte d’électeur’’, informe M. Compaoré.

 

Newton Hamed Barry surpris

 

Le président de la CENI Newton Ahmed est étonné de ce faible engouement. ‘’  Je suis surpris de ce peu d’intérêt des burkinabè au regard des débats passionnés qui ont eu lieu autour du vote des burkinabè de l’extérieur’’ déclare M. Barry. Il  rassure toutefois que le ‘’processus se passe très bien. Les machines n’ont aucune difficulté et elles peuvent enrôler 100 personnes par jour’’.

Les seules difficultés que l’institution en charge de l’organisation des élections ont enregistrées est le déploiement du matériel en Allemagne, au Canada et à New-York. ‘’ L’opération a démarré une semaine en retard dans ces pays’’ informe le président de la CENI. L’Arabie Saoudite est toujours en attente de démarrage parce que les kits ne sont pas encore prêts selon Newton Barry.

 

Le peu d’engouement s’explique selon Drissa Compaoré par l’absence de communication. ‘’ Je trouve qu’il n’y a pas eu beaucoup de communication autour du processus. Des compatriotes déplorent aussi le maintien des deux endroits de vote – l’ambassade et le consulat – car ils sont nombreux à résider dans d’autres Etats très éloignés de New York et Washington’’, dit-il. Newton Barry d’indiqué que la communication a démarré depuis 2 ans autour du vote des burkinabè de l’extérieur.

Longtemps revendiqué, le vote des Burkinabè de l’extérieur sera une réalité en novembre prochain.

L’opposition politique déplore néanmoins l’absence de carte d’identité chez nombreux Burkinabè, ce qui réduit le nombre de potentiels électeurs. Au maintien des ambassades et des consulats pour les enrôlements et les votes  que dénoncent les partis de l’opposition, s’ajoute ce qu’elle qualifie de gaspillage de ressources financières pour cet enrôlement autour duquel les Burkinabè présentent peu d’engouement.

Démarré le 4 janvier, l’enrôlement des Burkinabè de l’extérieur prendra fin ce 26 janvier. L’opération au niveau national démarrera le 3 février. Selon l’Institut National des Statistiques et de la Démographie(INSD), le Burkina pourrait enregistrer près de 10 millions électeurs en 2020.

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