Coronavirus : comment combler le vide de l’après COVID-19 ?

« Ce qui est marrant dans cette affaire de coronavirus, est qu’aucune autorité ne peut aller se soigner à l’extérieur… ». Cette phrase reprise avec humour sur les réseaux sociaux au début de l’apparition de la pandémie du COVID-19 en Afrique, cache une réalité implacable : l’absence d’un plateau technique sanitaire à la pointe dans bien de pays dont le Burkina Faso. Cette situation de dénuement sanitaire est surtout l’apanage des pays du sud où, les questions des systèmes sanitaires sont reléguées au second plan ; les puissants préférant aller se soigner dans les pays du nord. Au-delà de son effet dévastateur, le COVID-19 reste également une leçon de vie et une transition pour construire l’avenir.

La nécessité de ce réveil, quoique tardif, doit s’arrimer aux défis qui ont été, qui sont et seront les nôtres, hier, aujourd’hui et demain si on reste dans un statu quo. Il faut un changement de paradigmes dans plusieurs secteur clés.

Soigner notre système de santé

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que la vulnérabilité de nos hôpitaux a produit le reflet de sa capacité d’action. Il va s’en dire donc qu’il faut rehausser le plateau technique sanitaire. Il faut aussi comme c’est le cas dans beaucoup de nations fortes, que le Burkina Faso pense à un hôpital militaire de référence qui puisse être l’ultime recours quand tout s’arrête ou fonctionne à minima. Cela aura le mérite de prendre en charge des questions qui jusqu’ici nécessitent une évacuation avec tout ce que cela comporte comme coût et procédure.

Dans ce même ordre d’idée, il serait utile de dynamiser la chaine de la pyramide sanitaire nationale. Il faut comprendre par-là que l’offre de soins est assurée par les différentes structures de soins regroupés en trois niveaux selon le plateau technique. Les soins de premier niveau sont effectués dans les CSPS et les CMA. Ceux de deuxième niveau sont réalisés dans les centres hospitaliers régionaux. Les Centres hospitaliers universitaires assurent les soins de troisième niveau.

Sans doute, la dynamisation de cette chaîne permettra en quelque sorte de soulager n’importe quel citoyen ; qu’il vive à Koalou, Nassoumbou ou à Ouagadougou. Tout ceci suppose, cependant, des investissements herculéens aussi bien pour les équipements adéquats, la formation des acteurs sanitaires mais aussi le désenclavement de certaines zones difficiles d’accès. Le parachèvement du processus de mise en place de l’assurance maladie universelle devrait contribuer à cet effet, à réduire la vulnérabilité des populations.

Penser désormais numérique

Cette crise sanitaire liée au COVID-19 aurait également montré la nécessité d’expérimenter le télétravail avec des outils et des solutions numériques (Zoom, Skype, Trello, Assana, Slack, Wetransfer, Google Drive, Toggl Plan entre autres). Pour les plus réfractaires au changement, le numérique s’est invité chez eux. Que ce soit pour effectuer certains payements, de bénéficier de services ou de rester informé, l’usage du numérique à révolutionner bien d’habitudes. L’après pandémie devrait renforcer ces habitudes, ces nouvelles facilités avec ce que cela engendre comme risque des failles sécuritaires.

Pour ce qui est de l’Administration publique par exemple, il est grand temps d’en finir avec l’usage de la messagerie personnelle dans les besoins de services. Les directions des services informatiques de l’Administration devraient s’atteler à vulgariser l’usage professionnel des courriels professionnels et sensibiliser avec les autres acteurs du numériques sur l’avènement des nouveaux outils.  

Travailler à renforcer notre résilience

Une des leçons du COVID-19, c’est de constater combien de pays étaient si dépendants vis-à-vis de l’extérieur.  Tout ou partie de ce qui permettait de faire une riposte efficace était soit importé ou attendu des partenaires extérieurs. Il est plus que pressant de travailler à réduire cette dépendance et à inverser la tendance de sorte à survivre par nous-mêmes, même face à un long temps de confinement mondial.

Les produits manufacturés ou ceux issus de l’agriculture doivent être désormais une réalité et « produire ce que nous consommons », un idéal à atteindre. Et ce n’est pas impossible, pour peu que la vision globale des politiques soit grande et futuriste. Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ? Que penser, si nous ne tirons pas leçon de cette situation de COVID-19 qui depuis décembre 2019, vide la coque de nos capacités à travers le monde ?

Par nos résolutions personnelles, nous finiront (certainement) par mériter, un système national durable qui réponde à nos attentes. Le sérum est tiré, il faut l’appliquer.

Mindiéba Ⓜ️

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