Au CHUR de Ouahigouya, on risque plus de mourir que de guérir

La question des dysfonctionnements du Centre Hospitalier Universitaire Régional de Ouahigouya nécessite  l’intervention du gouvernement burkinabè. En effet, à l’allure où vont les choses, nous ne sommes pas loin du pire. Les malades meurent sous le regard impuissant des spécialistes de la santé qui, à défaut de locaux adéquats et de matériels, n’arrivent pas à assurer le minimum en termes de prise en charge. Décryptage d’une situation qui fait couler  beaucoup d’encre dans la Cité Naaba Kango.

Selon le Secrétaire Général de la sous-section du Syndicat National des Travailleurs de la Santé Humaine et Animale  ( SYNTSAH ) Ablassé Ouangraoua, à Ouahigouya, la situation est plus que « catastrophique ». Situation qui nécessite une intervention urgente, au risque de voir l’hôpital complètement inactif si rien n’est fait. En effet, force est de malheureusement constater, un CHUR qui fonctionne complètement à minima. Pire, il y a des services actuellement qui sont carrément fermés. La radiologie est fermée, le laboratoire fonctionne au minima, le bloc opératoire, également au minima.  C’est dire que l’hôpital tout entier fonctionne en deçà de ce qu’il pourrait offrir comme prise en charge des malades. C’est assez scandaleux.

                                           Le gouvernement est interpellé

Depuis 2017, date à laquelle le CHR de Ouahigouya a été érigé en CHUR, évoluant ainsi  en grade, absolument rien de ce qui était prévu comme construction de locaux et dotation de matériels n’a été constaté. L’on se pose donc avec légitimité, la question à savoir, quel est le problème ? Où sont passés les trois (03) milliards de fcfa qui avaient été prévus par le gouvernement pour faire dudit hôpital, un centre hospitalier de référence ? Comment comprendre que les plus hautes autorités soient complètement indifférentes face aux décès de ces femmes sur les lits d’accouchement pour manque de matériels adéquats ;  de ces pauvres populations qui meurent pour manque d’assistance ?

Plusieurs notes de détresses avaient été adressées au gouverneur de la région du Nord par la sous-section du SYNTSAH, avec pour objectifs, lui faire part des difficultés et dysfonctionnements de l’hôpital. Malheureusement, nous pouvons dire que c’est tombé dans l’oreille d’un sourd. Puisque depuis lors, aucune action n’a été entreprise pour trouver des solutions. La dernière note envoyée au gouverneur date du 06 avril 2020. Un message dans lequel, le syndicat alertait l’autorité sur les problèmes récurrents de pannes des appareils biomédicaux, des ruptures quasi quotidiennes d’intrants et de consommables médicaux, des coupures très fréquentes d’eaux et d’électricité et des insuffisances dans la gestion du personnel. L’on se demande alors, pourquoi un tel silence coupable de la part de nos premiers responsables ?

                                    Les vigiles de l’hôpital ont même déserté

Autre fait, autre scandale! Par voie de presse, l’opinion publique  apprenait tout récemment, le 30 mai 2020, la désertion des agents de sécurité de l’hôpital. Ces derniers ont plié bagages et ont refusé d’assurer leur rôle. La raison est que depuis le mois de janvier, ils n’ont pas reçu de salaire. Une justification qui nous a été confirmée par Ablassé Ouangraoua, SG de la sous-section du SYNTSAH lors d’une interview en date du dimanche 03 mai. Selon lui, «si on en est arrivé  là, cela  n’incombe qu’au Directeur général (du CHUR) qui n’a pas eu les bonnes lunettes ».

Face à tous ces problèmes, morts récurrents  dus au manque de matériels et autres difficultés, notamment les insuffisances dans la gestion du CHUR, nous interpellons le président du Faso qui a fait le serment d’assurer aux populations la santé à travers des prises en charge dans des hôpitaux de qualités. La santé est un droit pour les populations, mais malheureusement dans la région du nord, le droit à la santé n’est que de l’utopie, de la façade. Actuellement, une « mort certaine vous y attend », si vous êtes admis au CHUR/OHG. Le président Kaboré est interpellé.

Abdoul Aziz Sawadogo

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