Crise sanitaire du Coronavirus au Burkina : la filière avicole en détresse

Avec l’assouplissement des mesures de lutte contre la pandémie du coronavirus, l’heure est au bilan au niveau des différentes filières agricoles au Burkina Faso. Les aviculteurs, à l’image de Gérard Maré, ont subi des pertes. Le retour à la normale reste un souhait ardent. 

 

Une vue de la ferme avicole du promoteur

Gérard Maré est un fonctionnaire et promoteur de fermes avicoles à Gonboussougou et à Pabré.  Il s’est en outre spécialisé dans la construction de fermes, l’appui conseil et le suivi sanitaire des fermes de nouveaux aviculteurs. Ce dernier arrive à concilier ces deux activités, car passionné par l’aviculture et adepte des technologies de l’information et de la communication. Gérard excelle dans le e-conseil pour les aviculteurs tant sur le plan national qu’international.

Une filière sinistrée sous plusieurs plans

La crise sanitaire du coronavirus a eu des impacts négatifs sur la filière avicole burkinabè. Le volet approvisionnement en matières premières, notamment les poussins et œufs fécondés, a fait les frais de la fermeture des frontières. En effet, importés la plupart du temps du Ghana, du Togo et même d’Europe, les poussins et œufs fécondés étaient en rupture de stock pour les aviculteurs burkinabè. Conséquences, ces derniers étaient obligés de se contenter des fournisseurs locaux, incapables de satisfaire la demande ; d’où un renchérissement des coûts. Les délais de livraison des matières premières se sont considérablement allongés, passant d’une semaine à deux, voire un mois. « Les fournisseurs ne sont pas à même de satisfaire mes besoins qui se chiffrent entre 2000 à 3000 poussins par semaine », constate Gérard. 

Linspection des poules sur la ferme par le promoteur

Outre cette fermeture des frontières, les mesures restrictives de déplacement comme la mise en quarantaine des villes, le couvre-feu ont été une source de difficultés supplémentaires pour les aviculteurs : impossibilité d’acheminer l’aliment volaille et les vaccins dans les fermes situées en périphérie des villes. S’en est suivie une mortalité exceptionnelle des poussins et un retard de croissance des poules.

 Qui plus est, la fermeture des hôtels et restaurants, l’annulation des évènements sociaux et culturels (mariage, baptême, festivals) a porté un coup dur à la commercialisation des produits. La célébration modeste de la fête pascale n’a pas permis de remonter la pente espérée par les aviculteurs.

Une perte estimée à plusieurs milliers de FCFA en quelques semaines

Les coûts de production des poulets ont connu une hausse constante du fait de cette escalade de cause à effet. Les poules qui auraient dû être vendues ont continué à être nourries.  « Jai gardé mes 2700 poules un mois et demi dû à la COVID19. Ce qui ma coûté 850 000 FCFA comme coût additionnel », confie Gérard. Selon ce dernier, ce coût est difficile à répercuter sur les prix de vente des poulets au risque de ne pas être compétitif sur le marché. Notre entrepreneur a dû ralentir et même arrêter ses activités de formation et de suivi des fermes. Certains contrats signés n’ont pas pu être honorés ; d’où un manque à gagner considérable.

La crise sanitaire de la COVID-19, loin de décourager Gérard, a renforcé sa conviction que l’agriculture et l’élevage sont le socle d’une nation prospère. Il est galvanisé pour l’avenir car de cette crise sanitaire, des leçons ont été tirées pour renforcer son activité. Dorénavant, Gérard prévoit miser sur stockage de l’alimentation des poules, les produits sanitaires pour faire face à des crises de ce genre. La crise n’est pas finie certes, mais diversifier ses activités est une option qu’il envisage sérieusement, même si son ambition d’avoir dix fermes d’ici à 2025 reste toujours d’actualité.

 A noter que le gouvernement burkinabè a prévu 394 milliards de FCFA pour juguler la crise sanitaire de la pandémie de la covid-19. Cette somme prévoit entre autres un fonds d’appui aux entreprises en difficulté estimé à 100 milliards de FCFA. Espérons que notre entrepreneur bénéfice de ces subventions.

Minata Coulibaly

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