Nous l’avons rencontré ce dimanche 26 fevrier, au cours de la cérémonie d’inauguration de la statue de bronze du réalisateur ivoirien Fadika Kramo Lanciné à la place des cinéastes. Il se présente comme un « nouveau cinéaste » car son « œuvre est au stade embryonnaire » mais il n’a déjà pas sa langue dans la poche. « Je dirai ce que tout le monde pensent bas et je le dirai très haut », clame-t-il.

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Djibril Ibrahim classe les cinéastes africains dans deux catégories bien distinctes. La première est celle de réalisateurs « dépassés qui font des films démodés qu’aujourd’hui on ne regarde même pas puisqu’ils font rire plus qu’autre chose ». Ceux-là, il les présente comme « des prostitués politiques » car pour lui, ce sont eux, les « valets     de l’occident ». Il en veut pour preuve « le musèlement » des jeunes comédiens comme lui.

En effet, Djibril Ibrahim dit avoir participé à un film qui a remporté un Étalon de bronze du FESPACO mais dont plusieurs séquences dans lesquelles il apparaissait auraient été par la suite « éliminées » par le réalisateur. Il dit avoir travaillé pour son pays 15 années durant sans qu’aucun soutien ne lui soit apporté. « Comment voulez-vous que j’avance alors qu’il y a une main basse sur cet art qui est le 7e art ? », s’interroge-t-il.

La deuxième catégorie, « Ce sont tous ces jeunes qui se battent chaque année pour le cinéma africain » mais qui sont relégués au second plan. En témoigne le « manque de soutien de la nouvelle génération » dans son pays d’origine, le Tchad par exemple.  « Cette nouvelle génération n’arrive pas à émerger parce que les politiques ne les soutiennent pas », dit-il. Cet ex-comédien et danseur dit avoir des scénarios de deux longs métrages mais par manque de soutien, il se trouve dans le lot des « réalisateurs qu’on ne connaît pas ».

Néanmoins, il y a une chose dont il est sûr : il va « marquer le cinéma parce que c’est (son) destin ». A l’endroit de toute la jeunesse africaine, Djibril Ibrahim dit n’avoir qu’un seul mot : « continuez » !

Martin KABA

Blog : Regard sur le monde

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