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Dans la perspective de bien définir les priorités de son nouveau Cadre Partenariat Pays avec le Burkina Faso pour la période 2018-2021, la Banque Mondiale a initié une série de consultations auprès des forces vives de Banfora. Cette activité qui s’est déroulée du 13 au 15 décembre 2017, fait suite à un diagnostic systématique basé sur les grandes lignes du PNDES, réalisé dans certaines régions.

Dans cette nouvelle vision, la Banque mondiale, compte mettre l’accent sur les secteurs productifs (agriculture, élevage, pêche) et le renforcement du capital humain à travers les secteurs sociaux et la protection sociale des couches vulnérables. En clair cette stratégie aura un regard particulier sur la création d’emplois pour les jeunes et les femmes.

L’étape de Banfora s’est faite par des visites terrains dans la matinée du 14 décembre 2017 avant de clore par un panel d’échange dans l’après-midi avec les forces vives de la localité. La première étape de ces visites terrain a débuté au secteur 6 de Banfora avec l’Unité de transformation de manioc du ‘‘Groupement Muso Jigi’’. Bénéficiaire d’un appui du Projet d’Amélioration de la Productivité agricole et de la Sécurité Alimentaire (PAPSA) sur financement de la Banque Mondiale, ce groupement féminin regroupant toutes les femmes catholiques de la ville s’investi dans la transformation du manioc. Elles transforment cette matière en plusieurs produits dérivés notamment l’attiéké, l’amidon, la farine, le gari et le tapioca. Cantonnées dans des locaux modestes appartenant à l’Eglise, ces braves dames arrivent à transformer deux (02) tonnes de manioc par mois, avec un chiffre annuel d’affaire net évalué à 1 593 180 F CFA. Elles y travaillent neuf (9) mois sur les douze (12) à cause de la rupture de la matière première. C’est d’ailleurs une perspective pour elles d’ajouter le volet production à la transformation si elles obtiennent une superficie et une motopompe.

En termes d’impact du projet, elles affirment que malgré les difficultés inhérentes à leur activité, être en mesure de contribuer aux charges et besoins de la famille notamment la scolarité des enfants, les soins et le bien-être familial.

Après cette brève présentation, le Représentant résidant de la Banque Mondiale au Burkina Faso a décliné la nouvelle orientation de son institution qui sera axée sur le secteur agricole, l’élevage, la pêche tenant compte des femmes et des jeunes. Il a par ailleurs encouragé le groupement dans ce qui est déjà mené en les invitant à chercher les moyens d’acquérir des superficies de production agricole.

DSC_0538Les échanges réalisés avec la secrétaire générale Mme ZONGO/NIKIEMA Célestine, Banfora étant une zone agricole favorable à la culture du manioc, le combat du groupement sera d’obtenir une grande superficie en son nom afin de produire elles-mêmes le manioc. L’autre combat reste aussi celui de l’acquisition d’un siège et la recherche de financement pour booster la capacité de transformation, limitée actuellement à 18 tonnes par an. Recevoir la délégation de la Banque Mondiale et connaitre sa vision future les permet de se préparer pour prétendre aux financements de celle-ci car le domaine de la transformation du manioc dans la localité les prouve au regard de la forte sollicitation de la clientèle que l’autonomisation de la femme viendra de l’agriculture avec à la clé, l’accompagnement et les formations adéquats.

Mindiéba OUALI

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