Embourbé dans le tourbillon du fléau mondial apparu en Chine en décembre 2019, le Burkina tente, tant bien que mal, d’apporter une riposte efficace au nouvel ennemi auquel il fait face. Dans la lutte farouche contre une crise sanitaire qui survient en période pré-électorale, au-delà de l’effondrement économique que la situation a engendré, les enjeux sociopolitiques ne sont pas en reste.

Depuis l’apparition du covid-19 au Burkina Faso, le 9 mars 2020, une batterie de mesures ont été prises par le gouvernement afin de juguler la crise sanitaire. Parmi ces mesures qui touchent une grande partie des secteurs d’activités, il y a la suspension des enrôlements biométriques et la délivrance de cartes nationales d’identité. Cette mesure est particulièrement significative dans la mesure où elle peut influer fortement sur le calendrier électoral. En effet, cette mesure commande qu’aussi longtemps que durera la pandémie, il ne sera pas possible d’aller à des élections.

 Prise à seulement quelques mois de l’échéance électorale, il y a de quoi se poser des questions sur les enjeux sociopolitiques d’une telle situation. Si nous arrivons à bout du covid-19, pourrons-nous rattraper le retard avant échéance électorale ? Si non, le gouvernement en place envisagera-t-il d’aller vers un régime de transition ? .  Les partis politiques seront-ils enclins à aller dans ce sens ? Si oui, dans quelles conditions ? Autant de choses qui peuvent pousser à se poser des questions sur l’avenir socio-politique du Burkina Faso.

Afin de prévenir toutes tensions et dérives en cette période postélectorale dans laquelle chaque parti politique réfléchit sur comment gagner, le gouvernement gagnerait beaucoup à déjà communiquer sur ces aspects de la vie du pays.

Par anticipation, l’Etat comme la CENI doivent rassurer le peuple et les entités politiques quant à leur maîtrise de la situation, au point de vue électoral. Ne rien dire sur une éventuelle stratégie de remise en marche du processus électoral pourrait être sujet à toutes les interprétations capables de mettre encore plus à mal la cohésion sociale déjà fébrile. Cela ne profiterait certainement à personne, surtout pas aux plus vulnérables.

 

RABO Cheik Abdoul Kader, blogueur socioculturel burkinabè

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