Le 28 Mai de chaque année est célébrée la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle dont l’objectif est de briser les tabous et de trouver des solutions pour une gestion efficiente des menstrues. Ce 28 Mai 2020, un Grin-blogueur a été organisé par l’association des blogueurs du Burkina avec plusieurs partenaires sur la gestion des menstrues en milieu scolaire  afin de trouver des solutions efficientes.

La Journée mondiale de l’hygiène menstruelle est célébrée 28 Mai de chaque année depuis son initiation  par l’ONG allemande WASH United en  2014. Elle vise à briser les tabous autour de la question, d’éradiquer les différents préjugés et pesanteurs qui sont liés à ce phénomène biologique qui se produit environ une douzaine de fois dans l’année chez la plupart des femmes pubères.

 Cette année, l’objectif de la célébration de la Journée avait deux principaux volets qui étaient la sensibilisation sur  les matériaux adaptés  pour la gestion sans risque des menstrues.

De l’eau pour nettoyer le sang

Le deuxième volet quant à lui s’intéressait particulièrement aux conditions d’une bonne hygiène menstruelle chez les femmes et en particulier les adolescentes en milieu scolaire.

 En effet, la condition des toilettes est l’une des raisons pour laquelle 21% des filles s’absentent des cours lors des périodes de  menstrues, Ce qui porte ainsi un coup à l’assiduité des filles à l’école.

« En milieu scolaire, 52% des écoles n’ont pas accès à l’eau,  62 % sans latrines pour les filles pendant que  38,9%  des écoles au niveau du primaire sont sans eaux et 19,1% sans latrines selon les statistiques de l’ONG Plan Burkina

Un facteur qui ne facilite pas le maintien des filles en milieu scolaire quand on sait qu’au Burkina sur 100 élèves filles qui entrent en 6e, à peine 41 filles atteignent la classe de 3e. Au second cycle, seulement 12 filles sur 100 parviennent à la terminale contre 17 chez les garçons (Plan Burkina). Même si ce facteur ne fait que s’ajouter la longue liste de facteurs composés des mariages précoces et/ou forcés, aux problèmes économiques, à la stigmatisation et aux pesanteurs sociaux.

La balle dans le camp des gouvernants

Pour pallier les difficultés liées à la gestion hygiénique des menstrues, différentes solutions sont proposées. Il s’agira notamment de l’introduction d’un module d’éducation sexuelle dans les circulas éducatifs, la subvention puis la gratuité à long terme des serviettes hygiéniques pour les élèves et filles de moins de 18 ans ainsi que le conditionnement des cahiers de charges dans la construction des écoles avec la disponibilité effective de l’eau et des toilettes adaptées.

 Parler des menstrues est devenu nécessaire avec le fait que les filles sont la plupart surprises de la venue des règles par manque d’informations au sein de la cellule familiale. Le caractère tabou ainsi que les nombreux préjugés qui entourent le sujet des menstrues semblent être les causes de ce silence au sein de la cellule familiale. C’est d’ailleurs ce qui motive  l’introduction d’un module à l’école.

La subvention puis la gratuité à long terme des serviettes hygiéniques pour les élèves et filles de moins de 18 ans ont pour objectif de permettre une bonne gestion hygiénique des menstrues pour les filles. A défaut de rendre gratuites les serviettes hygiéniques,  Il y a nécessité de lever les TVA (taxe sur la valeur ajoutée) sur leur importation. Le coût sera résolument accessible. Certains pays africains comme le Kenya  ont déjà adoptés la distribution gratuite des serviettes hygiéniques surtout dans les écoles publiques.

Le gouvernement burkinabè gagnerait à introduire la disponibilité de l’eau et des toilettes adaptées comme condition nécessaire à la réception des infrastructures scolaires et académiques.

Cette année de nombreuses actions de visibilité ont été menées dans le cadre de la conscientisation et pour susciter plus d’adhésion au mouvement.

Neïmatou SAKANDE

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here