Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’allaitement maternel exclusif suppose que le nourrisson n’absorbe que du lait maternel. Il ne reçoit aucun autre aliment liquide ou solide, pas même de l’eau. Au Burkina Faso, seulement 66 nourrissons sur 10 sont exclusivement allaités, soit un taux estimé à 59,6% en 2019 contre une cible de 80% d’ici à 2025. Pour que cet objectif soit atteint, le gouvernement en a fait une de ses priorités.

L’eau étant indispensable à la vie, certaines personnes jugent dangereux de priver un nourrisson de cette boisson précieuse. Mais selon l’OMS, un enfant avant ses 6 premiers mois n’a pas besoin d’eau mais de lait maternel exclusif qui le prémunit des diarrhées et des maladies courantes de l’enfant telles que la pneumonie, et réduit le risque de surpoids et d’obésité à l’enfance et à l’adolescence. L’UNICEF Burkina nous renseigne que le lait maternel est composé de 88% d’eau, 7% de lactose, 4% de gras, 1% de protéine. Le lait maternel est donc un aliment complet qui contient tous les nutriments nécessaires pour le bien-être du nourrisson. C’est pour toutes ces raisons que Dr Anne Vincent, Responsable UNICEF au Burkina affirmait : « Le lait maternel est le premier vaccin d’un nourrisson et sa meilleure source de santé nutriments ».

De 2012 à 2017, la pratique de l’allaitement maternel exclusif est passée de 38,2% à 47,8% ; le don du colostrum (premier lait secrété par les seins juste après l’accouchement) est passé de 84,2% à 91%. Ce qui dénotait d’une amélioration des pratiques. Pour continuer dans la même dynamique, le président du Faso, Roch Kabore, dans son programme politique de 2015 a accordé une priorité à la santé du nourrisson et du jeune enfant. Cinq années plus tard on constate un résultat satisfaisant à travers la mise en œuvre du Plan nationale de développement économique et social.

                                                              Un taux de 59% en 2019

Lors du discours sur la situation de la Nation 2020 du premier ministre burkinabè, Christophe Dabiré, il ressort dans le volet santé les indicateurs suivants : Pour une cible de 55,9 % d’enfants de 0 à 6 mois allaités exclusivement au lait maternel le pays a réalisé un taux de 59% en 2019. Le taux d’enfants mis au sein dans l’heure qui suit la naissance est de 59,1% contre une cible de minimum de 50% en 2019. Malgré tout, il reste de nombreux efforts à faire car l’objectif du Plan de passage à l’échelle de la promotion des pratiques optimales d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (2013-2025) est de porter le taux de l’allaitement maternel exclusif à 80% d’ici à 2025.

Dans cette lutte pour le bien-être de l’enfant et de la mère, le gouvernement burkinabè n’est pas seul. Il est accompagné par Unicef Burkina Faso qui vient de lancer le 29 juin 2020, la Campagne « Plus Fort Avec le Lait Maternel Uniquement » dont l’objectif est d’augmenter la proportion de nourrissons exclusivement allaités à 65% en 2021 et ainsi contribuer à l’atteinte de la vision du pays d’ici à 2025. A travers des sensibilisations, il s’agira d’amener les mères à ne donner que le lait maternel à leurs nourrissons, à la demande (de jour comme de nuit), sans leur donner d’eau ou d’autres liquides, ni tisanes, ni gavage, ni purge, dès la naissance et pendant les six premiers mois de vie.

Chaque année, l’allaitement maternel exclusif sauve 3408 vies d’enfants au Burkina (Alive & Thrive, 2019). Selon la Banque mondiale, chaque dollar investi dans le soutien à l’allaitement donne un rendement économique de 35 dollars. L’allaitement maternel exclusif n’est donc pas l’affaire seulement des mères. C’est une question qui nous concerne tous. Agissons maintenant !

Rodrigue SEKONE

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