Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme d’activité, le Comité Interministériel de la détermination des Prix des Hydrocarbures (CIDPH)a organisé un atelier de réflexion et de sensibilisation sur les produits pétroliers les 19 au 22 Septembre 2021 à Ziniaré. Il était question de faire comprendre aux organisations de consommateurs, aux influenceurs des réseaux sociaux et aux blogueurs les mécanismes de fixation des prix pétroliers au Burkina Faso. 

Les hydrocarbures constituent, pour le Burkina Faso, l’un des produits de grande consommation les plus sensibles tant au niveau de sa manipulation qu’au niveau de la fixation des prix de mise en consommation.

La problématique de la maitrise des circuits d’approvisionnement et de distribution, ainsi que celle des prix des produits liquides et gazeux, suscitent régulièrement des débats. Les produits pétroliers deviennent de plus en plus chers, c’est ce qui ressort à l’évocation de la question des hydrocarbures aux Burkina.

En effet, le Burkina s’approvisionne à hauteur de 80% par la route et 20% par les rails au niveau des trois principaux pays d’approvisionnement comme le Benin, le Togo et le Ghana. Une situation qui ne manque pas d’influencer le cout des produits.

Le mécanisme des prix est institué par le DECRET N°2018-1012/PRES/PM/MINEFID/MCIA/ME du 14 novembre 2018, portant institution d’un mécanisme de réajustement des prix des hydrocarbures au Burkina Faso.

Le prix de cession du gaz butane est subventionné par kilogramme et par type de bouteille. Ainsi la bouteille de 1 à 6 kg est à 40% de subvention au maximum, celles de 6 à 12,5 kg à 30% de subvention au maximum et celles de plus de 12,5 kg à 10% de subvention au maximum.

Des communications, il ressort que les allocations budgétaires pour la subvention des hydrocarbures étaient par exemple de 90 milliards F CFA en 2019, 65 milliards F CFA en 2020, 40 milliards F CFA en 2021. Au niveau de la direction générale des douanes, les subventions accordées aux produits pétroliers s’élèvent à plus de 325 milliards F CFA sur la période 2016-2020, avec plus de 189 milliards F CFA au profit de la SONABHY. Cependant, il est à noter que ses différentes subventions ne profitent pas assez aux couches vulnérables.

Durant ces trois jours d’atelier, les membres des organisations de consommateurs, les influenceurs des réseaux sociaux et aux blogueurs entre autres, sont informés sur le mécanisme d’approvisionnement du Burkina Faso en produits pétroliers, la problématique de la fraude dans le secteur des hydrocarbures, la maîtrise des circuits d’approvisionnement et les prix des produits liquides et gazeux.

 La présidente du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures au Burkina, Yvonne Rouamba/Guigma dans son mot de bienvenue a tenu à rassurer les participants que cet atelier de trois jours n’est pas une occasion pour ouvrir les débats sur une quelconque future augmentation des prix ou pour préparer les esprits à faire face au cas échéant.

L’objectif global de cet atelier est de réfléchir et d’échanger avec les acteurs identifiés sur des thèmes précis relatifs au secteur des hydrocarbures notamment le mécanismes d’approvisionnement du Burkina Faso en produits pétroliers : état des lieux et perspectives pour une meilleure satisfaction de la demande à moindre cout, la problématique de la fraude dans le secteur des hydrocarbures et impacts sur l’économie nationale et les solutions pour y remédier. Un atelier qui a également pris en compte la structure des prix et le mécanisme de réajustement des prix au Burkina.

La structure des prix, c’est un certain nombre de charges qui concourent à la détermination du prix du carburant. Le liquide précieux n’est pas produit au Burkina Faso mais sur le marché international. Au-delà de l’enclavement du Burkina qui nécessite des dépôts dans des pays étrangers tel que le Benin et le Togo, il faut prendre aussi en compte le prix du baril de pétrole à l’international ainsi que le cours du dollar qui sont des facteurs qui ont des répercussions sur les différents prix.

 Depuis sa création en 1985, c’est la Société Nationale Burkinabè d’Hydrocarbures (SONABHY) qui avait le monopole de la fixation des prix des hydrocarbures et de l’approvisionnement en produits pétroliers. En vue de mettre fin à ce double rôle de juge et de parti que la SONABHY jouait, l’Etat burkinabè a alors créer le Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures(CIDPH) en 2009.

Cette structure d’aide à la décision que le gouvernement a mis en place pour lui faire des propositions pertinentes afin de déterminer le prix des hydrocarbures mois après mois au Burkina Faso. La structure est chargée d’un certain nombre de missions essentielles parmi lesquelles on peut citer la nécessité de collecter toutes documentations, toutes informations relatives au marché pétrolier international.

Le CIDPH collecte ces informations et documents, les exploite en vue de retenir des éléments d’informations qui peuvent être nécessaires pour la détermination des prix des hydrocarbures. Il est également chargé de proposer la structure des prix au gouvernement. Chaque mois, c’est cette structure qui fait une proposition de la structure des prix pour le mois à venir au gouvernement.

Les structures qui sont représentées sont au nombre de quatre. Il y a le Premier ministère qui est une structure de coordination de l’action gouvernementale ; il y a le ministère de l’Economie et des Finances ; le ministère chargé du Commerce et le ministère de l’Energie, des mines et des carrières.

Le comité est présidé par le secrétaire général de la Primature. Il est appuyé par des représentants des ministères en charge de l’économie, de l’énergie, du commerce et des agents de la SONABHY.

Malgré les efforts de CIPDH, les couches vulnérables restent peu avantagées par les subventions de l’état burkinabè, les participants ont formulé des recommandations allant dans le sens d’une plus grande efficience de la subvention des hydrocarbures.

Neimatou SAKANDE

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